Au jour le jour...

Rendez vous sur le blog

... pour la suite de l'histoire :)

https://unemaisonpourlavie.blogspot.fr/

à bientôt :)

Dernier jour de la Cagnotte

Voilà, on y est.

La Cagnotte vit sa dernière journée.

Une cagnotte lancée il y a un an, un geste de désespoir, en pleine désillusion... Une impulsion pour "ne pas rien faire", "ne pas subir".

Plus de 6000 euros récoltés pour notre maison. Cet argent ne sera pas gaspillé croyez moi. Je vous tiendrai informé de toutes les avancées et vous saurez à quoi il a servi.

Cagnotte

La publicité faite autour de la Cagnotte et la création de l'association a aussi permis de faire du "forcing" auprès de la banque... Un élan solidaire, qui a plu et qui nous a permis d'accéder au point ou nous sommes aujourd'hui. Une pression pour faire évoluer les mentalités... La Banque n'y a pas été insensible et ça a pesé dans la balance...

Merci à vous, qui avez participé, à votre hauteur, selon vos moyens... 1 euro ou plus, chaque geste a été apprécié et nous vous remercions tous du fond du coeur. Les mots sont peu de choses par rapport à la gratitude que nous ressentons. Notre maison vivra, grâce ces p'tits bouts de vous.

La suite est en route.... le projet prend forme... Il y a un an, ce n'était qu'un rêve inaccessible. Aujourd'hui, il doit, si tout va bien, devenir réalité... Dans un an, je vous écrirai peut-être de notre nouvelle maison... Je l'espère... La chance doit etre de notre côté maintenant.

En attendant, je continuerai à alimenter ce site, avec nos p'tites histoires et autres aventures, joyeuses je l'espère...

L'association va continuer à vivre et en avril est prévue la vente "Autour du jardin", au sein de l'Ehpad de Daoulas. Les résidents de l'Ehpad, ou Eric a travaillé en tant qu'Aide-soignant, mettent beaucoup d'énergie à "bricoler" pour nous. Le personnel de l'Ehpad également, s'associe à cette action... Nous compterons sur votre présence, il y aura plein de jolies choses à découvrir, toutes faites à la main et avec le coeur...

En septembre, j'aimerais également à nouveau organiser "La marche contre l'AVC", si certains sont toujours partants. Parce que l'AVC n'est pas toujours une fatalité, parce qu'on peut le prévenir, parce qu'il faut en parler Haut et Fort, parce qu'il y a trop d'AVC et de plus en plus de personnes jeunes touchées, des vies brisées... Pour eux et pour ceux qui vont bien mais personne n'est à l'abri, il faut agir, en parler, alerter, prévenir.... Car l'AVC ne tue pas toujours, heureusement... mais si le handicap est là, il faut vivre avec... pour nous, certains jours ont été difficiles au point ou on se demandait si la mort n'aurait pas été plus facile à digérer...

Ce temps là est révolu. Eric va mieux doucement... Il plonge encore bien bas parfois, mais moins bas qu'avant... Doucement on remonte... Et le projet nous porte, l'horizon s'éclaircie.... il était temps...

Merci aux amis, merci aux inconnus... L'aventure continue :)

les plans !

Mr Akabois est venu aujourd'hui. Il nous a donné les plans revus, qui vont être encore à revoir, mais on y arrive doucement !

Voici le Rez de chaussée :

Rdc1 jpg11

Et l'étage :

Etage 1 gpg1

Au rez de chaussée, on a déterminé l'emplacement du poêle, il sera au milieu de la maison.

Sinon quelques détails à revoir...

Sachant que dans le devis, ne sont pas compris le prix de la cuisine et de son électroménager (plaques induction, four, lave-vaisselle), les équipements des salles de bains, les revêtements de sols de toutes les pieces sauf cuisine, entrée et salle de bain rdc. Nous comptons sur la Cagnotte et les actions menées pour nous aider à financer ce reste à charge important. Nous devrons également faire un cabanon de jardin au lieu du carport initialement prévu (ça reculerait trop la maison dans la limite constructible et nous nous retrouverions avec plus de terrain au nord, qu'au sud)...

On avance, petit à petit... on grignote du terrain... Vendredi on signe le compromis. Rdv est pris avec la banque le 10 février pour compléter le dossier de prêt. Tout est en route... y'a plus qu'à !

Merci encore à vous tous, qui continuez à nous soutenir, à croire en nous, en notre rêve !

 

2 ans...

Deux ans... que Mon Eric est mort... que Mon Eric est parti. Qu'un autre a pris sa place... Un autre physiquement mais le même à l'intérieur...

Deux ans... c'était hier pour nous... Le souvenir est encore si vif, si présent.

Les premières heures de ces deux années, passées dans la terreur, l'effroi, l'incompréhension... Les jours suivants, dans la torpeur, le choc... Les semaines puis les mois, tour à tour, dans l'espoir et le découragement... Dans l'angoisse, la tristesse... la dépression...

Deux ans... Déjà... Comment a t'on survécu à tout celà... J'ose à peine me retourner, pour regarder le chemin parcouru car il est trop douloureux... j'avance, sans regarder en arrière. J'avance, c'est tout.

Je ne sais pas si je fais bien. Je ne sais pas, mais c'est la seule façon que j'ai trouvé pour survivre. Me battre. Faire qu'Eric se batte. Ne pas le laisser couler. Avancer ensemble. Coute que coute.

Tout est changé, la vie n'est plus la même, rien n'est plus simple, tout est calculé en fonction des capacités d'Eric. On s'adapte et on fait, fera, avec.

Qu'on nous laisse faire notre maison, c'est tout ce qu'on demande... J'ai tellement peur qu'encore une fois, notre rêve nous échappe...

N abandonnes jamais

On avance !

Coucou !

Bonne nouvelle du jour ; après d'âpres négociations, entre nous, le constructeur et la mairie, le problème du dégagement et du traitement des drains après terrassement est résolu. OUF ! Une grosse épine dans le pied en moins... sinon on avait encore plus de 1000 euros de surcout, par rapport à celà.

Le constructeur va déblayer et la mairie prendra en charge les déchets. Ca, c'est réglé.

Nous signons donc pour le terrain le 27 janvier, en l'absence du Maire qui n'a pu se libérer. J'espère qu'il en tardera pas à signer car la banque a besoin du document notarié.

Rdv à prendre avec le constructeur pour continuer d'affiner les plans. On est déjà très bien je trouve. Quelques détails à revoir encore mais juste parce que je suis chiante, perfectionniste et prévoyante...

On a réduit le devis au plus juste. Nous ferons les sols nous même, mis à part le carrelage dans la cuisine, l'entrée et les salles de bain. Avis aux bricoleurs, aux poseurs de parquets stratifiés, le casse croute et le rosé/la bière (mais pas trop, j'aimerais que mon parquet soit posé droit quand même) seront offerts par la maison... Les peintures sous-couches seront à faire également.. Si vous ne savez pas quoi faire le weekend !! Mais nous n'en sommes pas encore là !

J'espère qu'on ne perdra pas trop de temps entre la dépose de permis et les autorisations, qu'on puisse commencer au plus vite. En attendant, quand on aura signé pour le terrain, on pourra toujours aller tailler la haie qui fait 2 mètres de large (Fifi, au rapport ainsi que les parents, avec la remorque !!).

J'ai hate, on a hate, si vous saviez !! Ici on est bien mais, rien que l'insert, c'est pas adapté pour Eric. La corvée de bois, d'une main, c'est difficile. Avec le poêle à granulés, ce sera bien plus simple...

On va essayer de penser à tout. N'hésitez pas à nous dire, si vous avez des idées... et plus tard, du temps à nous donner... car nous aurons besoin de votre aide (huile de coude, c'est gratuit et ça promet des soirés festives !)

Si on m'avait dit, il y a un an, qu'on en serait là... j'aurais ris doucement... Je n'y croyais pas vraiment mais j'avais l'énergie du désespoir et de l'impuissance... Aujourd'hui, on tient notre rêve dans nos mains. J'ai toujours peur qu'il nous échappe. J'ai peur d'un vilain coup du destin... Mais j'essaie d'être positive... et que ces idées positives repoussent le mauvais sort.

Vous n'imaginez pas à quel point, vous nous avez aidé à y croire, à avancer... aujourd'hui l'élan est donné... Pourvu que tout aille bien maintenant...

Notre bout de ciel bleu

Bonjour, Bonsoir,

Un dimanche tranquille à la maison, j'ai fait du rangement, du tri, et du jetage de conneries... en pensant à notre futur déménagement ! Je rêve, je cogite, je calcule, je mesure... J'essaie de penser à tout. Ca fourmille dans ma tête, j'ai trop hâte ! Eric semble content aussi et calmé un peu ; ce projet qui prend forme, lui donne un but, une raison d'avancer et d'aller bien, au quotidien (je dis ça mais aujourd'hui, il était dans un mauvais jour en se levant... ça a été mieux après sa sieste... pourqui pourquoi, je ne sais pas... je l'ai laissé tranquille... et ça a passé... J'aime pas ces moments là...).

Akabois est venu à la maison vendredi : on a revu les plans, avec l'entrée par la buanderie (sèche-linge, lave-linge et congelateur seront cachés dans un grand placard) et on y case également l'escalier (dans l'entrée, pas dans le placard !!). Il faut être astucieux quand on a pas un budget extensible ! On économise de la surface et donc des sous (pas d'entrée dans la salle et pas d'escalier dans la salle à manger et une buanderie qui fait double emploi !).

On a revu quelques détails comme la taille des fenêtres : on est en zone classée, l'Eglise de Logonna est un monument historique et on en est à moins de 500 mètres à vol d'oiseau donc on a des règles à respecter. Autant les respecter tout de suite car quand ça part aux architectes, ils ont un mois pour ramener le dossier avec leur aval (ou pas). Mieux vaut être bon dès le départ, si on ne veut pas perdre de temps.

Normalement, Akabois me renvoie les plans modifiés cette semaine. Hâte de voir le "rendu".

On doit signer le 27 janvier chez le Notaire. Nous signerons sans doute seul car le Maire ne peut pas se libérer à cette date et moi, je ne voulais pas reculer l'échéance. Ne pas perdre de temps, encore une fois. On est en pourpaler également, concernant la prise en charge du déblaiement du terrain (anciens drains, présents dans le sous-sol).

Je prendrai parallèlement rendez-vous avec la Banque pour compléter le dossier avec tous les documents nécessaires et hop, ça partira à Rennes... Délai d'environ un mois également.

On va tout mettre ça en route en même temps, on finira bien par etre synchro à un moment !!

Mis à part ça (eh oui, la vie continue à côté !) ben ça va doucement.

Eric a eu une nouvelle nouvelle (oui une nouvelle neuve quoi !) attelle, l'autre faite à Tréboul ne convenait vraiment pas, elle lui faisait des plaies partout, l'infirmière vient encore tous les jours pour les soins. Avec la nouvelle, qu'il a eu mercredi, ça a l'air d'aller mieux mais il n'a pas beaucoup marché encore et ses pansements protègent. On verra quand tout sera à l'air, si ça frotte encore quelque part. On surveille ça de près car Eric ne ressent pas la douleur à cette jambe, que quand c'est déjà bien creusé et trop tard.

Je me suis un peu (beaucoup) pris la tête avec le podo-orthésiste, il bricolait plus ou moins son attelle et voulait qu'Eric mette une chaussette qui lui monterait plus haut que le genou (pour éviter les frottements) et qu'il replierait sur le haut de l'attelle (tout ça d'une main) et même qu'il porte un bas de contention (Eric fait un peu d'oedème le soir) et aussi qu'il porte des pantalons plus larges en bas.... bref j'hallucinais à l'écouter.... j'ai dis stop ! Je lui ai répondu qu'Eric était handicapé et que son attelle devait être parfaitement adaptée, que ce n'était pas à Eric de s'adapter à elle, qu'on allait pas lui mettre des chaussettes de foot l'été, (en short j'imaginais déjà la touche) et que le bas de contention on oublie aussi, il ne peut pas le mettre seul, il aurait fallu un passage infirmier pour enfiler UN bas, que les pantalons pattes d'ef, c'est plus la mode, et que les joggings, c'est bien, c'est extensible mais que c'est pas le style d'Eric de "trainer" en jogging 7j/7, qu'il a le droit de mettre des Jeans comme tout le monde, même si effectivement ça a du mal à passer au niveau du mollet pour descendre la jambe du pantalon sur l'attelle mais, ça passe, alors on va pas tout changer pour Une Attelle (bordel !!). Tout ça par téléphone.

Il a ronchonné... et dit ok madame, je repasse mercredi (il y a 15 jours). Il est passé, il a repris les mesures et remballé le matos. Merci, aurevoir. Eric a dû marcher avec sa vieille attelle (la première, qui lui avait scié le mollet) et sans attelle, en sachant qu'il risque l'entorse du genou ou de la cheville, à marcher sans. Le podo-orthésiste est revenu mercredi dernier, avec l'attelle neuve (bis). Il était aux petits soins, à quatre pattes devant la jambe d'Eric, non pas à vouloir se faire pardonner, mais à bien tout vérifier partout partout.  On croise les doigts pour que ça aille ! ouhhh quelle histoire.... pas besoin de ça quoi !

Eric a refait une crise d'épilepsie samedi dernier, pile poil un mois après celle de décembre, au jour près. Je trouve ça quand même intriguant, qu'il garde ce "rythme régulier", comme une batterie qui se charge doucement et se décharge brutalement un mois plus tard. Il a quand même un traitement assez costaud (pour ceux qui connaissent, il a 400 mg de Lamictal et 10 mg de Fycompa par jour, c'est pas rien mais ça ne résoud toujours pas ces crises, elles sont justes "moins fortes"). On revoit le neurologue le 1er février. Je lui avais déjà parlé de ça (la bizarre régularité des crises) mais lui se contente de voir le coté "médical" de la chose et d'augmenter les doses ou de faire un p'tit cocktail d'anti-épileptiques et d'anti-dépresseurs... Moi je pense qu'il y a surement une méthode pour aider Eric à se décharger autrement qu'en Crise, mais je ne sais pas laquelle... Si vous avez des idées... On a déjà tenté le Reiki : on a vite arrêté car il faisait encore plus de crises ; le magnétiseur : aucun changement notable.... Tout en sachant également que ces méthodes alternatives ont un cout, et qu'il est loin d'être négligeable... hélàs... L'homéopathie peut-être ? Le cannabidiol (oui le Cannabis) est une solution aussi, mais pas légale en France et pas en le fumant surtout !! Aux USA, ils l'utilisent avec succès sur des épileptiques sévères, réfractaires à tout traitement.... Mais bon, comme en France, on a toujours un demi siècle de retard sur les meilleures avancées de certains pays.... C'est pas gagné... Pour plus d'infos sur le sujet, cliquez ici

Demain, une nouvelle semaine commence... Je vois la vie avec plus d'optimisme... J'ai peur parfois que tout s'écroule à nouveau... mais j'essaie de ne pas y penser. On y peut rien de toutes façons...  Alors on avance, en essayant de se persuader que cette fois, tout va bien aller...

Chapitre 2

Nous allons donc tourner la page des années 2015, 2016... années tourmentées...

Je n'arrive pas à croire que celà fait déjà presque 2 ans que c'est arrivé...  Tant de choses se sont passées depuis, tant de soucis, tant de douleurs, tant de progrès aussi... malgré que souvent, on ait été à genoux, on a tenu bon... Souvent j'ai eu envie que tout s'arrête, mais tout ne s'arrête pas comme ça, et il y a des choses -des personnes- pour nous retenir.. Eric aussi, a souvent émis son intention d'en finir. Il aurait pu, s'il avait voulu.

La vie est fragile. La vie ne tient qu'à un fil. Qu'on peut couper. A certains moments, ce n'est pas le manque de courage de le faire qui nous a retenu, c'est ceux qu'on aurait laissé derrière nous... C'est ce qui m'a tenu moi en tout cas. Ne pas faire plus de mal encore... Ma fille, notre famille... qu'on aime, qui m'aime, qui nous aime.

Nous sommes là... il y a encore des montagnes à franchir mais.... j'espère que les plus escarpées sont derrière nous.

Nous ne sommes plus les mêmes. Eric n'est plus comme avant. Je suis moi-même une autre, qui a dû grandir, affirmer mon caractère.. J'ai appris à nous faire entendre. J'ai appris à demander de l'aide. J'ai appris à revendiquer.

Eric, du fait de son état de "traumatisé-crânien", a du mal à maitriser ses émotions. Il en en conscience et c'est bien déjà. Il s'énerve pour un rien, s'impatiente, se malmène et du même coup, m'angoisse... il dit "non dé dié" et "merde" "fais chier"... ça me stresse. Je lui dis, t'énerve pas.. plus tu t'énerves, moins t'arrives.... Après tout ça, il me demande pardon... Moi qui suis rancunière, je dois apprendre à pardonner, en tenant compte de ses séquelles... c'est pas simple. Je suis TRES rancunière... Tout le monde doit faire des efforts. On y travaille... chaque jour... On veut que ça marche. On s'aime.

On a vécu le pire. Le meilleur est à venir. Le meilleur de ce qu'on peut maitriser, en tout cas. Après il y a la partie "surprise"... J'ai jamais trop aimé les surprises... Alors SVP pour 2017, pas de surprise, juste du concret. Une maison, des murs, une cheminée, un jardin. Des trucs en vrai.

On écrit tout en haut de la page : Chapitre 2. Les pages d'avant sont bien tournées. Je n'irai pas les relire avant longtemps...

Une maison pour un avenir plus serein, malgré tout... C'est la suite de l'histoire.

Merci à tous ceux qui ont contribué à la Cagnotte. Merci à tous ceux qui sont venus marcher. Merci de votre investissement. Merci de votre soutien.

 

Rendez-vous capital

15h30 pétantes, nous étions dans le hall du Crédit Agricole de Daoulas.

Tirés à quatre épingles, j'ai dit à Eric, faut qu'on ait l'air riche, sure de nous, propre sur nous, nos plus beaux atours, j'ai sorti l'argenterie, les diamants et compagnie, fallait que ça brille, qu'on ait pas l'air de quémander....

Bon non en fait, on était comme d'habitude, propre sur nous, et puis c'est tout. J'avais mon p'tit dossier sous le bras, mon contrat Cdi (mon plus bel atout) et le reste... dont le devis maison trop gonflé, qui m'encombrait beaucoup....

Elle a  du retard, j'ai le temps de lire le bulletin municipal de décembre 2016 en entier... le temps de regarder les gens passer à l'accueil, le temps de regarder le bout de mes godasses, le temps de chasser des cheveux et des pouloutes sur mon manteau... le temps de trop réfléchir... oui... non.. oui.. non.... bouh...

16h05, la voilà.... Bonjour Eric (elle appelle Eric, Eric) et moi, Mme Cueff. Va savoir pourquoi... On s'installe. Elle est un peu bookée, car suite à un malentendu, notre rendez vous n'avait pas été noté, avec la bonne personne, du coup, elle nous prend "entre deux"... Moi je ne voulais qu'elle. Rose-Marie elle s'appelle. C'est joli comme prénom...

Bref, elle trouve pas notre dossier.... Ca commence bien tiens... Moi qui suis à l'affut des "signes", je me dis que ça en est un mauvais... mais non au bout de 5 mn, notre dossier est trouvé, il était bien en évidence, trop bien rangé.... ouf, c'est bon signe alors.

Je commence par les bonnes nouvelles. Mon cdi. Je lui dis pas la mauvaise, le devis... Ca viendra bien assez vite... On reprend tout le dossier, salaires, imposition, etc etc... bon et le devis. Quand je lui dis qu'on dépasse le budget, elle couine pas. Elle reprend sa calculette. Et moi je me tords les doigts... je malmène mon écharpe... je donne des coups de pieds à Eric pour qu'il arrête de faire tourner sa chaise... Il me grimace un truc... je lui rends sa grimace...

Et elle, concentrée, elle nous dit que ça va passer, on va faire comme ci et comme ça... c'est Jésus cette femme. Notre sauveuse. Notre oasis dans le désert.

Je n'ai pas pleuré, je ne l'ai pas embrassé non plus. Je lui ai juste demandé (3 fois) si elle était bien sur que ça passait ? Et 3 fois, elle nous a répondu positivement....

C'est là que tu deviens toute molle et que tu te rends compte qu'avant, t'étais tendue comme un arc... limite si j'ai pas glissé de ma chaise sur la moquette...

On s'est dit à mardi (pour bien calculer les échéances de prêts, elle avait besoin de conseils pour inclure le taux zéro)... On est sorti... On s'est regardé Eric et moi et on s'est dit : alors c'est bon ? t'as bien compris comme moi ?

On avait des sourires niais aux lèvres... On rêve.... On peut enfin avancer... Et ça va dépoter, croyez moi....

Bonheur

Nous y voilà...

... au pied du mur...

Le fameux rendez-vous a lieu demain, à 15h30.

Je vais rassembler ce soir, les documents nécessaires au dossier (devis, salaires, imposition...)...

C'est difficile de se sentir aussi dépendant d'une décision qui peut changer le cours de votre vie...

Je ne sais pas si elle pourra nous répondre toute de suite, ou si elle devra faire passer le dossier en commission... et il faudra encore attendre...

Je crois que je vais passer par différentes phases tout au long de l'entretien et selon la tournure que ça prendra... Je m'imagine parfois m'écrouler en chialant sur le bureau... ou lui sauter au cou en l'embrassant de tout mon coeur... Je ne ferai sans doute aucun des deux, je sais me tenir et rester digne (du moins j'espère !!).

On verra bien....

2017

2017... année remplie d'espoirs... de doutes... nous serons fixés sous peu.... mais ce qu'on souhaite là, n'est que matériel. Je souhaite surtout que tout aille mieux, Tout...

J'ai travaillé en ce weekend de Nouvel An... difficile pour moi de recevoir et de souhaiter une bonne année à tous, en pensant qu'il y a 2 ans, on se faisait des voeux de bonne année/bonne santé et 22 jours après.... La faucheuse nous attendait au tournant. Elle l'a loupé cette fois là. De peu. Ca a sifflé sévère au dessus de nos têtes. Sale garce. Elle l'a bien amoché mon amoureux, elle NOUS a bien amochée. Physiquement, moralement. On a du mal à se remettre et surtout aujourd'hui on se rend compte, qu'Elle est là, n'importe ou, n'importe quand... Pas besoin d'être vieux, malade ou inconscient pour trépasser. Eric n'était rien de tout ça.

Alors aujourd'hui, dur pour moi d'y croire, à ces mots vains, à ces bons voeux ... je n'y crois plus hélàs. On les prononce comme si on pensait se protéger et protéger les autres de quelques mauvais sorts.... mais la vie est ce qu'elle est, et ce qui doit arriver arrive...  Alors oui, je vous souhaite, une très bonne année et je vous remercie chaleureusement pour tous vos voeux sincères, je vous souhaite également une belle année, je vous souhaite d'être épargnés de tout souci, tout problème... je vous souhaite et je nous souhaite une merveilleuse année 2017.... Des grands bonheurs viendront,  mais des malheurs aussi sans aucun doute. C'est ça, la Vie.... Une boite de chocolat... (c'est pour ça, que je regarde toujours sous la boite de chocolat, pour choisir les parfums car, je n'aime pas les mauvaises surprises lol)

Je suis rabat-joie... oui je sais...c'est chiant, c'est déprimant, c'est nul.. (rien qu'à me relire, je me déprime tiens)... oui je m'en rend compte. Mais aujourd'hui, je vis les pieds sur terre. Rassurez vous, j'aime encore rire heureusement, j'aime déconner et faire l'andouille, et j'espère que mon spleen ne déteint pas trop sur les autres, je veux pas casser l'ambiance, je veux pas que les gens s'empêchent de rire devant moi, bien au contraire.... Faites moi rire ! Faites NOUS rire !

Je ne me complais pas dans la tristesse. J'aimerais être insouciante... J'aimerais appliquer toutes ces bonnes paroles, tous ces jolis textes lus, sur facebook ou ailleurs, ces textes de sagesse, ces reflexions sur la vie, la façon d'aborder tout ce qu'elle implique.... Quand on lit tout ça, on se dit, oui, c'est vrai mais quand à l'appliquer dans la vraie vie, c'est une autre paire de manche.... carpe diem... facile à dire...

Je ne suis pas prête à vivre sans penser à demain.. le serai-je un jour ?... C'est ma nature d'être comme ça... je me rebelle, je n'accepte pas, je ne valide pas.. J'aborde les problèmes, en pensant à ce qui peut arriver, ce qui risque d'arriver... je n'aime pas être prise au dépourvue... je cherche la sécurité... S'il m'arrive quelque chose ? S'il arrive quelque chose à Eric ? J'essaie de tout prévoir car, maintenant que j'ai vu la Mort de près, j'ai eu le temps de penser à tout ce que ça pouvait engendrer, au niveau humain ET matériel. Si je devais mourir avant Eric, je veux qu'il soit bien, matériellement parlant. Au chaud, confortable, en sécurité. L'inverse également.

Eric, lui... un jour il subit... un jour il se bat... un jour il se rebelle (contre moi, contre tout)... Le reste, je gère. Ou pas. Des fois, je pète un cable. On remet les choses à plat. Et ça repart...

Il faut qu'on réussisse à se relever de tout ça.

Ce n'est pas simple. Chaque jour, la vie est un combat. Chaque jour, il faut recommencer car rien n'est jamais gagné. Le soir on est plein de courage, le matin on est tout dégonflé.... Mais il faut se lever... manger (pas que des chocolats), se laver, se faire beau/belle, vivre un tant soit peu et avancer...faire comme si... faire croire, et faire avec, faire tout court... Réapprendre à vivre, apprivoiser notre nouvelle vie.

Ca viendra.... faut du temps. Restez près de nous. On est chiant en ce moment, mais les plus patients seront récompensés ! Promis.

2017

Histoire de vie

C'est dur la vie quand même...

On a chacun nos misères, tout le monde a son lot, à des âges divers et variés... à des intensités toutes aussi diversifiées... Et chacun supporte, comme il peut... et se construit, avec... comme des arbres, qui se déforment au gré des tempêtes... certains s'en sortent, mieux que d'autres, d'autres n'en reviennent jamais et sont déracinés, certains survivent avec les souvenirs, d'autres vivent avec, en essayant de ne pas trop penser.... il n'y a pas de mode d'emploi pour survivre à la Vie.

Le soir du 25 décembre, on a échangé des souvenirs de famille.... de grand oncle, missionnaire en Afrique dans les années 50, de grand-mère anéantie par la naissance d'enfant mort-né... de secret de famille découvert à moitié... Dans chaque vie, chaque famille, il y a un ou pire, plusieurs malheurs...

J'ai eu mon lot, complet je l'espère, car entre ma fille attendue plus de 6 ans, une maladie douloureuse, trois opérations pour la combattre et des années de traitement hormonaux et d'examens de toutes sortes (comme ça, c'est vite dit mais 6 ans, ça fait 72 mois et c'est super long quand t'attends...)...On a eu de la chance, le miracle a eu lieu et il est magnifique, mais cher payé, pendant le parcours PMA (Procréation Médicalement Assistée pour les non-initiés) et au bout du chemin, un divorce déchirant, dont on ne se remet qu'à moitié, on y laisse beaucoup de plumes et de larmes, des deux côtés...

Ensuite ? Le bonheur retrouvé... puis saccagé par l'AVC d'Eric... C'est vite résumé... Mais quand on le vit... ce sont des secondes et des minutes, des heures, d'intenses chagrins....

J'ai mon compte, en misère ? Dites moi oui s'il vous plait. Qu'aucun malheur ne nous retombe dessus, car je crois que cette fois, je ne me releverai pas... Je n'aurai même plus l'envie.

Aujourd'hui ce que je veux ? La Paix. La douceur. La gentillesse. La bonté. La chaleur et le calme.

Je ne veux plus de pleurs.. je ne veux plus d'angoisses ni de frayeurs.. je ne veux plus ressentir tout celà.... Je ne suis plus capable, plus assez forte pour supporter et combattre.

Je suis fatiguée aujourd'hui.

Je suis un p'tit soldat qui s'est assez battu et qui ne rêve que d'une chose, mettre la fleur au bout de son fusil et rentrer à la maison, pour se reposer.

Que le Destin nous laisse tranquille maintenant.

 

A tous ceux...

... qui nous lisent ici et qui nous soutiennent, nous accompagnent, nous aident, au quotidien, de près, de loin, en parole ou en silence... A tous ceux qui pensent que la Magie de Noël peut, le temps d'un moment chaleureux, effacer toutes les misères...

On va essayer d'en profiter, de manger la joie et de boire le bonheur... parce que la Vie, c'est ça... et Demain est un autre jour !

Joyeux Noël à toutes et à tous,

Frédérique et Eric.

Sapindenoel

 

L'arbre de vie

L'arbre de vie est le symbole de la vie, en perpétuelle évolution, en ascension vers le ciel mais il symbolise aussi le caractère cyclique de l'évolution cosmique. Mort et Régénération. En effet, l'arbre de vie peut avoir des feuille persistantes et sera le symbole de l'immortalité ou à feuilles caduques qui perd ses feuilles pour les récupérer la saison suivante montre qu'il se régénère (meurt et renaissance d'innombrables fois).
 
L'arbre met aussi en communication les trois niveaux du Cosmos : le souterrain, par ses racines fouillant les profondeurs où elles s’enfoncent ; la surface de la terre, par son tronc et ses premières branches ; les hauteurs, par ses branches supérieures et sa cime, attirées par la lumière du ciel. Des reptiles rampent entre ses racines ; des oiseaux volent dans ses ramures. Il est le symbole des rapports qui s'établissent entre la terre et le ciel.
 

2017 sera t'elle l'année de la (re)construction et de l'évolution ? Nous l'espérons...

J'ai rendez-vous début janvier avec la Banque. On saura si ça passe ou pas...

J'ai un atout en plus dans mon jeu, mon CDI. Celà fera t'il assez pencher la balance ? Un 60%, ça ne pèse pas lourd... mais ça vaut quand même mieux qu'un CDD renouvelé au mois.

La situation d'Eric est toujours la même : en maladie. En attendant le second passage devant le médecin expert de la CPAM. Mise en invalidité, sans aucun doute. A plus de 80%, sans doute également. Quand, je ne sais pas. On peut rester 3 ans maximum en maladie, voir plus, c'est le médecin de la sécu qui décide.

Nous devrons, de toute façon, nous loger et payer un loyer. Peut importe nos revenus. J'ai appris à ne pas compter sur des aides éventuelles, nous ne rentrons jusqu'à présent dans aucune case. On peut espérer les allocations logement l'année prochaine, après 2 ans sans rien (les revenus de 2015 (réduit de moitié pour Eric et de 20% pour moi) seront enfin considérés par le barème de la CAF)... ce sera la surprise 2017 !.

Mais je n'attend plus ces aides qui ne sont pas venues quand on en avait le plus besoin, et J'aimerais juste ENFIN payer pour nous. Parce que je sais que la vie est fragile et j'aimerais nous mettre à l'abri. Mettre Eric à l'abri s'il m'arrivait quelque chose. Etre à l'abri si quelque chose devait lui arriver encore... Nous avons eu notre compte de malheurs et j'espère que c'en est fini mais... on ne peut s'empêcher d'y penser....

Je rêve d'une vie calme. Recevoir nos amis chers et notre famille, ceux qui nous ont toujours soutenus et qui nous soutiennent encore, sans faillir... malgré nos silences, nos larmes, nos coups de gueule (surtout les miens !).

Malgré l'aphasie d'Eric, ceux qui cherchent à le voir, ceux qui l'aiment et qui le lui font savoir. Merci de continuer à franchir ce mûr qui vous sépare de lui, car lui ne peut pas le faire. Merci de ne pas l'oublier derrière ce mûr, car il ne fait pas de bruit, mais il est bien là et il vous espère. Merci de ne pas avoir peur de son silence, de ses difficultés, de ses balbutiements. Merci de continuer à voir, à deviner le Eric, tel qu'il est à l'intérieur. Tel que vous l'aimiez. Il est toujours là. Il suffit de le regarder, sans avoir peur. La peur rend aveugle. Mais les yeux peuvent parler.

Chaque jour, Eric progresse, imperceptiblement, son cerveau construit des petites rues, à la place de la grosse artère qui s'est définitivement bouchée, détruisant toute la zone autour.

Ces petites rues, ce sont des mots nouveaux... des idées plus claires... des souvenirs qui restent...

Arbre de vie

 

 

Enfin, le devis !

Mauvaise nouvelle : c'est toujours au dessus de ce que j'avais prévu...

Bonne nouvelle : je lâche pas le morceau. Mais c'est chaud.

Dans le devis actuel, si ça passe à la Banque, il manque encore la finance pour le sol pour le rez de chaussée et l'étage, la cuisine et les meubles de salle de bain. Manque aussi le cabanon, pour ranger tondeuse et autres accessoires de jardin (barbecue, outils de jardin divers, salon de jardin...). Pas de garage prévu, un garage c'est 10 000 euros... on a fait une croix dessus.

Le devis est 20 000 Euros trop cher. de ce que j'avais présenté à la banque.... On peut lisser ça sur 2 ans de crédit en plus. Il faut rajouter au moins 10 000 euros pour le reste (frais de notaire, raccordements divers et équipements cuisine, salle de bain et sols) .... au moins...

Honnêtement je ne sais pas si ça va passer. Je doute.

On a une action prévue en avril, pour l'association. La Vente "Autour du Jardin".

Je pense organiser une seconde "marche contre l'AVC" au printemps. Grace à la première marche, je viens d'investir dans un vélo couché d'appartement, pour le cadeau d'anniversaire d'Eric et son Noël (ben oui, vu le prix, ça vaut les deux !!). Alors à ceux qui sont venus marcher, merci du fond du coeur, Eric va pouvoir pédaler les jours pluvieux !! Je vous mettrai des photos de l'homme, avec l'équipement :)

Le bénéfice des actions à venir sera intégralement investi dans la maison. Avec pour objectif, pour seul but, le confort, le bonheur d'Eric. Son bonheur fera le mien.

Je suis passée au terrain cet après midi. Il y avait un rayon de soleil. On serait bien exposé... Dans notre petit nid douillet...

Merci à tous de continuer à nous lire, nous soutenir, nous porter. Sans vous... ben sans vous, j'aurais capitulé.

Rendu1

 

Du coq à l'âne

Ca a été dur ces jours ci... difficile... j'ai trainé ma peine, pris ma souffrance et celle d'Eric en balluchon....

Dimanche, midi je suis allée le voir... Manger avec lui.. Déjà pendant le repas, j'ai vu que ça allait pas...  Il parlait pas ... bon il parle déjà pas beaucoup mais là, il parlait pas du tout... J'ai fait la conversation... moi qui suis pas non plus la plus bavarde du coin... faut trouver à causer... une fois donné des nouvelles, du coin, du chien, du chat, et des poules, ben on avait fait le tour avant le plat et...ben... silence...  voilà voilà...

Bien bien... Le repas se passe, on remonte. Il me fait comprendre que personne ne lui a coupé les ongles de pied depuis 15 jours donc je m'y attelle. Une fois ça fait, on a coupé les mains (les ongles !), on a pris de l'avance. Bon.. bien... bon on va se ballader. En voiture. Car son attelle lui a hâché le mollet, il a une plaie limite escarre.. C'est un peu pour ça qu'on est venu à Tréboul aussi mais là, l'attelle, y'a rien de nouveau... j'arrache exprès le pansement pour faire venir l'infirmière (ouiiii j'suis comme ça !!). A l'infirmière,  je lui dis, le pansement est parti (l'air innocent qui va avec). C'est pas beau. On fait quoi là ? Et l'attelle, ça avance ? .. Faut qu'elle voit avec ses collègues.. Bon ok, j'suis dans l'métier, j'sais c'que c'est.... mais là, c'est mon chéri qui a le mollet en steack tartare, c'est pas pareil quand même ! Bref, rien n'y fait, faut que je vois avec la collègue. Ok. On va se ballader... en voiture...

La Pointe du Van vous connaissez ? Nan ? ben moi nan plus. M'enfin, à Douarnenez y'avait un panneau alors on l'a suivi.... Euh... 40 bornes ? Pour rien voir.. puisqu'arrivé là-bas, fallait garer la voiture et marcher.... Donc, on a continué... sur la baie des Trépassés... ça remonte le moral tiens.

Bon... passée la baie, on a vu les panneaux la pointe du Raz. Me suis pas laissée tenter. Il faut marcher aussi avant de voir la Mer. Je sais, je suis déjà allée !

Donc demi-tour gauche, on repasse les trépassés et retour à Douarn'. En silence...

On était rentré pour le 4 heures. Et là, j'lui suis rentrée dans le lard. J'ai craqué. Je nous suis pris un café pour moi et un chocolat chaud pour lui et là, j'ai tout balancé.

Il se laisse couler. Il abandonne. Il se résigne. Il se repose tout sur moi. De tout son poids. Et du poids, il en a pris ! J'ai commencé par là. J'aime pas le gras. J'aime pas les gros bidons. Il se laisse aller physiquement et moi, j'aime pas ça. Chacun son nounours mais moi j'aime bien les nounours moelleux... mais pas plus.

J'aime pas, quand il m'envoie des smileys tristes le soir, quand je suis à une heure de route de lui. J'aime pas. Je peux rien faire. Je peux pas le prendre par le bras et le secouer comme un prunier. De loin je peux pas le maltraiter ! Je lui ai dis, quand je suis pas là, tu ne m'envoies pas des smileys tristes.... j'suis trop triste de rien pouvoir faire... je sais pas rassurer les gens de loin... même de près, c'est pas sur mais bon au moins, on peut faire un calin quoi... je lui ai dis, ça , t'arrêtes. Les smileys triste, stop.

Je lui ai dis, que j'avais assez à essayer de rester à flots moi-même. Nos vies sont à l'envers.... Qu'il faut qu'il essaie de tenir un peu tout seul... je suis pas une bouée (quoique). Il me tire vers le fond quand il va mal comme ça..... et moi, je trouve plus d'air... je me noie avec lui... Je saurais pas le laisser se noyer tout seul.. Je partirais avec lui.  On me dit qu'il doit se sauver tout seul mais.... c'est dur de le laisser couler, sans rien faire... Mais à force de le repêcher... je m'épuise, je n'ai plus de ressources... je ne trouve plus les mots. J'ai plus la force.

La douleur est toujours aussi vive. L'injustice toujours aussi présente. Presque 2 ans que c'est arrivé. Pour moi, c'était hier. Mon Eric est parti, un autre le remplace.

Un Eric qui ne fait encore que survivre. Il ne se reconstruit même pas encore... Il essaie d'admettre... On est loin du deuil, on est loin de l'acceptation....

Encore beaucoup de douleurs à venir.... Il a fait une crise encore tiens, hier. Il l'a senti venir, ils ont eu le temps de le mettre dans un fauteuil roulant pour l'amener jusqu'à sa chambre. Une petite crise. Quelques minutes. Qui semblent des heures quand c'est ton chéri, mais bon, bref, tout est relatif.

Du bonheur à venir, je l'espère... Il le faut. Souffrir autant, y'a forcément un truc sympa au bout du chemin, c'est pas possible autrement !

Singe

Reportage Tébéo

http://www.tebeo.bzh/replay/128-parlons-sante-lavc/9358853

J'ai un peu râlé, suite au visionage du reportage.... encore une fois, on ne parle pas des personnes qui ne récupèrent pas du tout ou seulement une partie de leurs capacités motrices et orales....

Je me suis fais l'avocat du Diable dans mon propre camp, et je l'ai fait remarqué à France AVC 29, dont nous sommes adhérents et membres du bureau (j'ai envoyé un mail à Hervé Ropars, vice-président, et à tous les adhérents de France AVC29) ; Je n'admet pas qu'on nous oublie, qu'on fasse l'impasse sur le handicap et les séquelles qui resteront toute la vie, dans notre cas. On ne peut pas nous ignorer ainsi !

Le reportage était bien fait, informatif, concis et clair mais, le fait qu'on ne parle pas de "nous" (ceux qui ont des graves séquelles) me dérange et me chagrine.. Comme si on voulait enjoliver, dédramatiser l'AVC. En oublier la face sombre. Alors que l'AVC est grave. L'AVC est peut-être mortel. Et l'AVC, si on s'en sort sans trop de dommages, on a une chance inouïe. Et c'est justement à ces gens là, à ces personnes "miraculées", de porter la voix et le témoignage de ceux qui ne peuvent plus le faire... Si Eric avait pu témoigner, il l'aurait fait. Et il n'aurait surement pas mâché ses mots...

Je pense que ce genre de reportage glisse sur les gens ; que justement, pour marquer les esprits, il faut montrer la vérité, toute la vérité, pas seulement la jolie mais aussi, la moins belle. Celle qui fait mal, celle qui touche. Les corps abimés, les membres inertes, les mots qui manquent. Car hélàs, c'est ça qui frappe les gens. Des images fortes.

Oui je fais ma chieuse. Tant pis. Une fois le projet maison clos, je m'investirai totalement dans l'assocation France AVC, et croyez moi, on entendra la voix d'Eric.

L'Atelier des rêves

J'ai besoin de votre aide ; nous participons à un concours organisé par la FDJ.

J'ai décrit notre rêve à cette adresse :

https://www.atelierdesreves.fr/share.php?uid=0ca4aecc-b71e-11e6-9154-005056a22e7c

Il nous faut 100 votes pour pouvoir accéder à la phase 2 du concours....

A vous de jouer... cliquez sur le lien et votez pour nous :)

Merci <3

23 avril 2017

Bourse aux plantes2 gif

 

Si vous avez des graines, boutures et autres plants de fleurs à débarrasser, ne les jetez pas... Pensez à nous !!

Découragement...

Ce matin, un texto de l'adjoint au maire pour savoir si nous avions bien reçu les plans du réseau sous terrain du terrain. Je lui réponds que oui, et que je les ai transmis à notre constructeur.

Je lui précise que le conseiller d'Akabois nous a prévenu qu'il risquait d'y avoir un surcout par rapport à un terrassement de base, puisqu'il y a des déchets à évacuer, et je lui demande si la mairie a prévu quelque chose à ce niveau. Il me répond que non, la mairie n'a rien prévu et il demande à ce que le conseiller d'Akabois appelle la mairie. Voilà pour ce qui est du point (noir) terrassement.

Deuxième point noir du jour : le conseille d'Akabois me dit que les plans sont faits et qu'il va me les envoyer ce jour (pas reçus encore...) mais que le devis maison monte à 140 000 euros. On explose donc le budget (maximum 116000).

Je lui dis tout de suite que ça ne passera pas au niveau de la banque...

Il m'a dit qu'il allait revoir tout ça, qu'il avait tout inclus, carrelage etc....

Bref, désespoir complet sur les coups de 13 heures, ça m'a coupé l'appétit direct. Déprimée... Marre...

J'ai l'impression qu'on y arrivera jamais... d'avancer à contre courant.... de marcher dans la vase jusqu'aux épaules.... je m'enlise, je m'épuise...

Que faut il que je fasse ? Je ne sais plus...

Un euro pour une maison... un euro, un partage du lien de la cagnotte sur facebook, et ainsi de suite.... 5700 euros c'est très bien déjà, plus que je ne l'espérais, et merci à tous ceux qui ont participé.... mais on est trop juste... Il faudrait toucher encore 40 000 personnes... Ce n'est pas faute d'avoir essayé et je vous remercie tous pour votre soutien.

Tréboul

Tréboul est un Centre de Rééducation situé à Douarnenez, dans le finistère.

Je viens d'y laisser Eric, pour une petite cure de remise en forme et de remise à plat.

Arrivés à 10h15 pétantes, nous sommes accueillis par une gentille secrétaire (surement pas la même que la revêche de l'autre jour !) qui nous fait patienter un peu et nous montons ensuite dans la chambre 222 ... encore ce chiffre qui nous poursuit : je n'aime pas ce chiffre  22, 222.... Eric a fait son AVC le 22 janvier, sa première crise d'épilepsie le 22 juin, bref j'ai le 2 en grippe.... Nous arrivons dans une chambre individuelle... Premier couac. J'avais demandé une chambre double car le tarif en individuelle est de 69 euros par jour, non pris en charge bien sur.

Nous défaisons les valises tranquillement, malgré tout... Puis attendons.

Une première secrétaire passe pour les formalités d'entrée, signer différents papiers, donner différentes informations sur le séjour. Elle me demande si nous avions bien demandé une chambre simple, ce que je déments. Nous changerons donc de chambre dans la journée. Elle nous annonce qu'une seconde secrétaire passera ensuite, pour les informations d'ordre médical. Effectivement la seconde secrétaire arrive et repart avec ce qu'elle voulait (ordonnances et Cie). Ensuite l'infirmière passe, prendre les constantes d'Eric et lui prend ses médicaments, que j'avais préparé dans le pilulier, comme habituellement. C'est eux qui géreront le traitement, dans un premier temps... Elle nous informe que le médecin passera, dans l'après midi.... ok..... début ou fin d'après midi  Sais pas... Il est 11h30 là... Bref, il faut attendre... on attend donc...

toc toc, on envoie à Eric son plateau repas. Il mangera en chambre, ce midi et ce soir. Ensuite il ira manger au restaurant, en bas. Moi j'ai rien à manger... Mon ventre gargouille tout ce qu'il peut... Eric partage pas. De toute façon, ça me donne pas envie. Je dis à Eric, si je fais un AVC et que je ne peux plus parler, tu leur dis de ne jamais me donner ça à manger (des crudités, avec de la vinaigrette... horreur)...

Repas avalé, Eric se repose un peu pendant que je regarde la télé, sans le son, pour ne pas le déranger.

TOC TOC, l'aide soignante rentre en toute discrétion... branle bas de combat, on déménage. On refait les valises et on migre chambre 220 ( un 2 de moins, c'est toujours ça de gagné !).

On revide les valises. Et on attend.... on attend.... 15h, voilà le Messie... euh le Médecin. Interrogatoire de rigueur : je récite notre leçon par coeur, sans faute... Antécédents (niet), AVC sylvien gauche thrombolisé, oedème cérébral, craniectomisé, volet remis en place le 6 mai, première crise d'épilepsie le 22 juin, essai de traitements et dosage divers et variés, docteurs divers et tout aussi variés, plus ou moins efficaces, prise charge à domicile, prise en charge en rééducation à l'extérieur, déplacements... tout y passe... Eric déteste ce genre de questionnement, surtout quand je dis "épileptique".... il grimace à ce mot. En plus j'ai précisé "zone critique" car nous sommes dans le délai du mois sans crise ... je n'ai pas demandé à ce qu'on me prévienne s'il crise.... je préfère ne pas savoir, à moins qu'il ne se blesse bien sur..... Je ne veux plus penser à ça pour le moment... Il est en sécurité et entre de bonnes mains là-bas.

Visite médicale express de rigueur également.... spasticité de la main, malgré la toxine botulique injectée mais c'est pas trop mal quand même. Au niveau du pied, on est pas mal aussi. Attelle à revoir, mais pour plus de confort, la rigidité reste présente car Eric risque l'entorse de la cheville ou du genou. Le plus compliqué pour Eric, lors de ces expérimentations, c'est de comprendre les ordres : quand on lui demande de toucher son doigt droit avec sa main gauche, les yeux fermés, ou de plier le genou droit et d'appuyer vers le bas.... il y a 2 ordres dans la même phrase et ça, il a du mal encore.... Ca reviendra .... Il a le cerveau qui s'embrouille ... C'est pas simple pour lui. En plus, il s'en rend compte et ça lui fait du mal. Il essait de tricher un peu même des fois, pour se rattrapper aux yeux du médecin... qui n'est pas dupe :)

Une fois tout ça fait, il était 15h30. Nous sommes descendus pour qu'il repère un peu les lieux. On lui a pris internet, pour sa tablette. 30 euros le mois, ils ne s'embêtent pas !!

Je suis partie ensuite.... le coeur un peu gros... partagée entre plusieurs sentiments.... soulagement, tristesse, lassitude, culpabilité.... et comme un air de déjà vécu.... mais bon, c'est pour son bien, notre bien... J'espère qu'il va garder le moral... qu'il va aller mieux.... pour nous deux.

Flegme attitude...

Je n'ai pas grand chose à écrire ces temps ci... prise d'une sorte de lassitude... fatigue chronique... je ne sais pas comment appeler cet état dans lequel je me trouve... fatiguée en me levant, fatiguée la journée, fatiguée le soir, nuit toujours trop courte, même si je me couche tôt. Tout effort me semble insurmontable, faire la cuisine, le ménage ou les courses, ça m'épuise rien que d'y penser... Envie de ne rien faire, que dormir. Et me réveiller dans notre nouvelle maison !!! Ca ce serait le top ! Ca me redonnerait la patate... mais bon voilà, il faut patienter... En espérant que ça aille vite, et bien.

Le moral n'est ni haut, ni bas... entre deux eaux...

On aura des nouvelles d'Akabois en début de semaine. J'espère qu'il aura appeler la mairie de Logonna, pour savoir pour le terrassement. C'est vrai que quand j'y réfléchis (ça je sais faire, c'est peut etre ça qui m'épuise, toujours penser !!!), en l'état, le terrain n'est pas constructible, donc il n'est pas vendable. Il faudrait que la Mairie fasse les travaux de terrassement, pour dégager tous les tuyaux de drainage. Moi j'ose pas les appeler pour demander... M'enfin aussi, faut pas qu'ils nous refilent un terrain mal foutu.... Bref, je me triture la tête en attendant.... Si Akabois n'a pas la réponse, j'appellerai...

Eric rentre à Tréboul lundi, je l'emmène pour 10h15. Il est content d'y aller, mais j'ai peur qu'il déchante assez rapidement... On verra bien.

On a revu le médecin rééducateur de l'Hopital Morvan aujourd'hui. La main et le mollet sont spastiques, d'ou les injections de Botox, la sensibilité est quasi-nulle au niveau de la main et des orteils, toute la partie droite du corps est engourdie. La main ne répond toujours pas. L'attelle qu'il porte le gêne, il va falloir en faire une nouvelle. Mais elle trouve qu'Eric a bien progressé, il a un bon équilibre malgré l'hémiplégie, il compense bien. Attention au genou, qui devient flex (il plie dans le sens inverse car Eric ne commande pas bien ce mouvement) et il pourrait se faire une entorse des ligaments croisés rien qu'en marchant, ou à force, l'arthrose pourrait s'installer.

Après Tréboul et avec leur conseil, une nouvelle attelle sera mise en place et il aura également des chaussures spéciales car on rame trop pour le chausser (l'attelle rigidifie la chaussure et réduit l'amplitude d'ouverture, ce qui complique l'enfilage, d'une seule main. D'autre part, nous avons du mal à trouver des chaussures sans lacet...

Voilà pour le petit topo, presque 22 mois après l'AVC.

Quand je vois d'ou on est parti, c'est quand même pas mal. On revient d'une hémiplégie totale et d'une aphasie totale au départ....

J'espère que tout ça, ce n'est pas pour rien...

Qu'au bout, il y a la paix et la tranquilité... Qu'on puisse se reconstruire le plus sereinement possible...  Et qu'Eric retrouvera sa joie de vivre, et moi avec...

 

 

Attendre ... (bis)

Le rendez-vous avec Akabois s'est bien passé mais pas de devis pour le moment. Je lui ai demandé si ça se tenait question budget, il m'a répondu, "on va tout faire pour que ça tienne". Il nous recontacte la semaine prochaine avec les nouveaux plans et un devis (! j'espère !). Mais depuis sa visite ce matin, j'ai encore revu les plans... Il va me prendre pour une chieuse (ce que je suis j'avoue !). M'enfin, une maison, ça se pense, ça se travaille... Après, on ne peut plus pousser les mûrs !

Il y a des contraintes à respecter au niveau de la construction, car nous nous situons dans une zone classée (l'Eglise sans doute...). Nous aurons donc un toit Ardoise au lieu d'un toit terrasse. Pas le choix. Au niveau des baies vitrées aussi, pas de baie de plus de 2,40 m de large. (moi qui voulait une baie panoramique dans la salle, au lieu de 2 baies).

Il y a aussi à clarifier la situation par rapport au terrassement... Le conseiller Akabois va se renseigner... Il va y avoir des déchets à évacuer et celà va entraîner un surcout par rapport à un terrassement classique.... A suivre donc....

Autre nouvelle du jour : Eric va partir en Rééducation à Tréboul la semaine prochaine. Je ne connais pas encore la durée du séjour, au moins 15 jours je pense... Il avait le choix entre cette date ou le 3 janvier ; il a choisi de partir au plus tôt. Il a fallu que j'annule tous les rendez-vous qui étaient prévus la semaine prochaine (kiné, ortho, taxi, dentiste, interventions CCAS et groupe de paroles)... C'est fait. J'espère n'avoir oublié personne...

Pas grand chose de neuf sinon...

Ah si, hors sujet (ou presque) :  ma chienne de 12 ans, qui nous a fait deux malaises hier.... Véto aujourd'hui... Après contrôle du coeur, rien à signaler... Le véto pense à une anoxie (elle a une toux persistante qui est dûe à un rétrécissement de la trachée) ou a des crises convulsives... On va pas s'en sortir avec l'épilepsie, quand c'est pas le patron, c'est le toutou !!

Attendre...

Rendez-vous est fixé avec Akabois lundi prochain à 9h, pour avoir un devis estimatif et prendre ensuitre rendez-vous avec la Banque.... c'est là que le stress va monter.... rien que de l'écrire, j'ai peur...

M'enfin, à force d'essayer, on va bien finir par y arriver !

En attendant, je me fais les dents sur la première esquisse de plan qu'Akabois nous a envoyé.... et que voici :

Rez de chaussee

Ce n'est que le premier projet et c'est loin d'être le dernier... mais c'est juste pour avoir une idée ! Et un os à ronger :)

Nous n'avons toujours pas eu les plans du réseau sous la parcelle... Je relancerai la mairie la semaine prochaine..

L'agencement de la cuisine et de la salle de bain sera à voir avec l'ergothérapeute, ainsi que tous les autres aménagements qui pourront être un confort supplémentaire pour Eric. Je pense aussi qu'elle saura nous aiguiller pour faire des demandes de prise en charge matérielle par rapport à certains équipements, si aide il y a...  Du boulot de fourmi...

voilà, c'est un peu le stand by en apparence.... mais ça cogite sévère !!

 

 

L'aventure peut continuer !

Il y a 2 expressions qui s'appliqueront à nous, si nous parvenons à notre objectif :

La première sera : Mieux vaut un "petit chez nous" qu'un "grand chez les autres" !

Et la seconde : "Petite est la maison mais grand est notre Coeur"!

Oui c'est assez vieux jeu, comme expression je vous l'accorde, mais c'est vrai ! Notre maison, si nous l'avons, ne sera pas très grande, nichée sur un petit terrain, mais elle sera à NOUS. Peut-importe le reste. On en fera notre petit nid douillet et réconfortant....

Je rêve, j'imagine, organiser un grand pique nique dans le jardin, pour remercier tous ceux qui auront crus en nous et nous aurons portés.... un pique nique improvisé, un jour ou il fait beau (la rencontre sous la pluie, on a donné).... Ce serait chouette hein ?

M'enfin ne nous emballons pas, elle n'est pas encore sorti de terre notre jolie maison et il va encore falloir pousser des portes, convaincre du monde....

Mais la terre, on nous l'a promis.

La Mairie a accepté notre proposition et nous allons acquérir une parcelle de 471 m2, à Logonna-Daoulas. Idéalement située près du bourg, à 2 minutes du kiné d'Eric, à 5 minutes de la boulangerie, à 5 minutes de l'arrêt de bus pour ma miss. Bref, on ne pouvait pas rêver beaucoup mieux, à ce prix là, dans cette commune (côtière et touristique). Nous nous plaisons dans ce coin, depuis que nous y habitons, il y règne comme un air de vacances...

Donc voilà, une première chose de (presque) faite.

Comme je l'ai dis ailleurs, on a gagné une bataille mais pas la guerre. Il ne faut pas s'endormir sur ses lauriers. Ce n'est pas mon genre de toute façon !! Lundi je recontacte Akabois, pour les plans, le devis. Mardi je reprends rendez-vous avec la banque.

Ne pas perdre de temps. Avancer pour que l'année prochaine, à la même époque, on soit dans Notre Maison.

Chalet fleur

On arrête de pleurnicher oui ??

On a crevé l’abcès, plusieurs fois il a fallu... ça se remplissait à nouveau... du vilain pus... pouah !!

Il a fallu ma psy, qui m’a déculpabilisé, qui m’a dit que je faisais bien, de lui dire ce qui va mal. J’avais peur de mal faire, de faire du mal, mais ne rien dire est pire, le silence est pire que la dispute. Je suis comme une éponge qui a trop absorbé et qu’on n’a pas essorée. Je déborde.  Les mots sont durs mais il faut ça pour qu’il comprenne qu’il n’est pas seul à souffrir. Nous souffrons tous autant, différemment.

Il a fallu ensuite, la neuro-psy, pour lui faire entendre ce qu’il n’entendait pas de ma bouche. Les mots venant d’une autre, sont mieux acceptés. Il a fallu qu’elle lui dise, qu’elle lui répète, ce que je disais juste avant car ce que je dis moi, ne percute pas. Il a fallu des mots crus, des paroles difficiles, pour l’atteindre.

On a crevé l’abcès. Jusqu’à la prochaine fois sans doute... Il se remplira doucement et il faudra le crever à nouveau. Comme c’est douloureux. Sans anesthésie, en toute conscience. J’aimerais dormir pendant qu’on nous guéri. J’aimerais me réveiller, soulagée de toute cette douleur morale. Comme lui j’imagine. Mais non, nous devons traverser tout ça, consciemment, pour que le cerveau enregistre tout bien comme il faut et que ça cicatrise, proprement et non pas, avec des abcès insidieux, qui resurgiraient ensuite. Il faut bien gratter la plaie pour qu’elle guérisse. Ca fait mal. Mais c’est pour aller mieux. Je l’espère en tout cas, car souffrir autant pour rien, ce ne serait pas humain.

L’espoir va et vient... Un jour j’y crois à notre maison et le jour suivant, je m’empêche de trop y penser. Si le terrain nous est octroyé demain, nous l’achetons, de toutes façons. Et pis c’est tout !

Et ensuite ? Ensuite, qui vivra verra.

Je crois au Destin.

Advienne que pourra.

Mais jamais je ne pourrai me résigner.

Signé : la bretonne (signe astrologique : taureau). Si avec ça, on y arrive pas, je me fais nonne. (blague). 

Toujours dans le gris...

Période difficile dont on ne voit pas la fin...  Eric est irritable, un rien le faire sortir de ses gonds.

Je suis à bout.... épuisée psychologiquement. Je ne sais plus que dire, que faire ou ne pas faire... Je marche sur des oeufs en permanence... L'ambiance est électrique.

Est-ce le fait des médicaments ? j’ai lu que le Fycompa peut engendrer des troubles de l’humeur, le lamictal également.

Est-ce le fait de l’AVC, qui a modifié son caractère ?

Est-ce le fait de son cheminement intérieur ?

J’ai trouvé cet article, sur le deuil, après un accident :

Un travail d’acceptation en plusieurs étapes

Ce véritable travail d’équilibre et de transformation psychique s’opère à travers plusieurs étapes théoriquement successives.

le choc, la sidération :
Il s’agit du traumatisme provoqué par le handicap. Le patient voit, dans la souffrance, sa vie basculer.

le déni, l’anxiété :
Le sujet n’arrive pas à intégrer sa nouvelle réalité, qu’il nie massivement. Même, il la désavoue. Si dans un premiers temps, fermement convaincu qu’il récupèrera, il nourrit l’espoir de guérison, par la suite, il prend conscience de ce qui lui arrive. Il est partagé psychiquement : d’un côté, il réalise le côté irréversible de sa situation et la perte engendrée ; de l’autre, il rejette en bloc ce renoncement angoissant.

la révolte, la colère
Le sujet vit sa nouvelle réalité comme une injustice. Il se questionne et cherche une signification tangible et rationnelle à ce bouleversement. Partagé simultanément entre culpabilité et dépression, il s’auto-accuse et se rend responsable de ce qui lui arrive. Abattu puis accablé par les reproches qu’il ne cesse de se faire, il se recentre ensuite sur les pertes de son image de soi.

le marchandage (la perte est pensée, discutée. Les sentiments sont contradictoires)
Le sujet , confronté à son état de fait, retarde autant se peut la réalité de son handicap. Le temps passe et rien ne change. Au cours de cette phase, le sujet va multiplier les actions positives de sa maladie, dans un idéal de récupération. La réparation constitue sa quête inlassable. Volontaire, il nourrit un désir manifeste de résultat.

 la tristesse et parfois la dépression
Au cours de cette période, le poids du regard est essentiel. En effet, le sujet se confronte à sa propre image. Il sait qu’il a perdu quelque chose d’important. Il doit alors prendre en compte ce nouveau changement et commencer à intégrer ce « moins ». C’est une étape clé dans le travail de deuil, car c’est celle qui prépare à la phase d’acceptation de la perte et de la réalité. Les souvenirs de renoncements sont nombreux et douloureux.

 L’acceptation
De plus en plus stigmatisé et réduit à son manque, le sujet doit construire son identité sur l’image qu’il est maintenant. Les parties perdues sont à ce stade désinvesties. Le sujet apprend à aimer sa nouvelle vie comme il a aimé l’ancienne. Il s’accommode, accepte son manque et tente de le compenser, en investissant de nouveaux réaménagements. Cette phase est l’aboutissement du travail de deuil car le sujet intériorise l’objet perdu tout en lui donnant sens dans son histoire.

La vie « d’avant » n’est plus. Seule compte celle de « devant ». Désormais, le sujet doit faire dans ce nouveau corps. Le handicap fait parti de lui et c’est avant tout dans sa tête que tout se fabrique. Selon qu’il le vive mal ou pas, cela se verra et s’entendra.

A quelle étape en est Eric ? Je ne sais pas.... il y a de la colère, le sentiment d’injustice mais aussi toujours le sentiment d’espoir de récupération...

Comment notre couple va t’il survivre à tout ça ? Je n’arrive plus à lui parler, il ne m’entend plus, il est enfermé dans sa bulle ....

Le projet maison me semble s’éloigner, vu la situation... Faut ‘il s’engager malgré tout ? Est ce que cela améliorera les choses ? Lui redonnera de l’espoir ? A quoi bon avoir notre maison si nous n’y serons pas plus heureux ?

mauvaise journée

Il y a des jours bleus nuageux (peu), des jours gris (souvent)

... et des jours noirs ...

Aujourd’hui en est un.  

 Eric est de très mauvaise humeur, s’énerve pour rien, n’essaie même pas de parler pour m’expliquer quand je ne comprends pas, s’énerve parce que je ne comprends pas... Pour qui pourquoi je ne sais pas...

Ma fille ne supporte pas quand il s’emporte comme ça, ça la stresse. Moi aussi. Et je n’ai pas envie que ma fille subisse ça... Moi encore je peux supporter mais pas elle. Elle n'a pas besoin de ça.

Il n’accepte aucune remarque, aucune remise en question. Tout ce que je dis est mal interprété. Quand il demande de l’aide et que je n’ai pas de solutions, il s’énerve également contre moi.

 J’ai l’impression qu’il ne m’aime plus. Je donne tout. Je n’ai rien en échange que de la colère.

Alors que j’aimerais un peu de gentillesse... Un geste tendre, un sourire.

Aujourd’hui, je suis faible. J’en envie de m’enfuir. De tout plaquer. De le laisser se démerder. C'est méchant hein, de dire ça !!

Voilà , c’est ça un jour noir. Plus envie de rien. Plus d’espoir. Pas d’avenir ensemble. L'AVC a gagné.

Juste envie de pleurer, et même ça, j'y arrive pas.

Demain, ça ira mieux sans doute.... c'est toujours comme ça.... on touche le fond et on remonte... jusqu'à la prochaine fois. J'suis fatiguée.... je voudrais qu'on soit heureux.... Je voudrais un miracle. Je voudrais que rien ne soit arrivé. Je voudrais que ça soit juste un long cauchemar. Et me réveiller le matin et me dire, ah la vache, quelle nuit de Merde !!! Et je raconterais mon horrible cauchemar à Eric, qui me ferait un café en rigolant, me ferait des crêpes, irait s'occuper de ses biquettes, irait au boulot, rentrerait et me raconterait sa journée... comme avant.... comme c'était simple avant...

j'suis triste....

***************************************************************************************************

Ce soir, ça va un peu mieux...

Je sais que l'écrire ne résoud rien. Je sais que c'est surement pas marrant de me lire... Ma soeur m'a dit, pour toi, Ecrire, c'est comme vomir les mots... c'est vrai... je m'empoisonne à ne rien dire, et écrire me fait du bien. Je me vide un peu... Je n'aime pas embêter les gens avec mes soucis, je sais que chacun a son lot mais...

Je me sens impuissante. Nulle. Je ne sais pas de quoi demain sera fait. Y'a t'il un Destin ? Quel est le notre ? Tout ça pour rien ? Je me dis parfois qu'aussi bien, Eric sera mort demain. Ou moi. Ou une autre tragédie. Je n'ai plus confiance, je m'attends toujours au pire. Plus on va en âge et plus ça se gâte... Le meilleur est derrière nous ?

Je suis déprimante, j'en suis désolée pour vous qui me lisez...

Est ce que que le projet maison résoudra nos problèmes ? N'est ce pas déplacer le problème ? Je l'ai dis à Eric... Dans la future maison, tu seras aussi handicapé, il n'y aura pas de miracle. J'ai peur qu'il soit déçu, comme s'il espérait que dans la future maison, tout ira mieux...

Mais rester en location, c'est stagner...  Ne pas pouvoir se projeter. Nous qui aimons voir la Nature évoluer... En location, ce que tu plantes, tu ne sais pas si tu le verras fleurir l'année prochaine.... Nous avons besoin de Racines....

Demain, c'est la journée mondiale de l'AVC. Demain, il y aura un AVC toutes les 4 minutes en France. Comme tous les jours. Nous avons fait partie du lot ce maudit 22 janvier 2015. La mère d'Eric a fêté la journée de l'AVC dignement en faisant son Accident le 29 octobre 2013. Elle est aujourd'hui hémiplégique, clouée dans un fauteuil roulant... Elle a de la chance dans sa malchance, elle peut parler. Mais n'a plus goût à grand chose....

La vie est fragile, la santé est précieuse... Essayez de prendre soin de vous.

les montagnes Russes

C’est affolant de constater comment, dans une journée, on peut basculer d’une émotion à l’autre... comme une balle dans un flipper je suis parfois... ballotée, malmenée.... ou comme dans les montagnes russes, ça monte ça descend, t'as la trouille, t'as mal au coeur et après tu rigoles d'avoir eu si peur...

Ce matin Eric était levé  quand je me suis réveillée, à 5h30. Il est reparti se coucher, avec sa tablette, quand je me suis levée. J’étais tracassée en partant au boulot car je sais que quand il ne dort pas assez, son seuil épileptique s’abaisse....

 Sur la route, beaucoup de brouillard, je n’aime pas ça... En plus, un connard (!) me fait chier (!!) en me suivant en plein phares, presque tout le trajet... Du coup, j'étais pas en retard au boulot...

Je suis d’horaire de petit déjeuner, je n’aime pas trop ça non plus, je n’ai pas l’habitude, je suis lente et je n’aime pas me sentir nouille... ça me stresse....

Dans la matinée, après mes toilettes, j’envoie un message, puis un autre, à Eric. Pas de réponses. Entre deux coups de balais (je suis d’horaire de ménage, après les p’tits déj ‘) et un coup de lavette, je surveille mon portable. J’essaie de l’appeler, pas de réponses.  Ne cédons pas à la panique...  restons zen.... mais malgré tout, je commence à m’angoisser. 11h30 arrive, toujours pas de message. Je tente à plusieurs reprises de l’appeler, mais il ne répond pas. J’essaie aussi de le joindre sur le fixe, sans succès...

Son fils est à la maison mais, je sais qu’il ne répondra pas au téléphone non plus (c'est son fils qui est handicapé). Des images me viennent en tête, d’Eric inconscient, Eric qui est tombé, Eric qui a refait un AVC. Dans ces cas là, on se fait vite des idées... et plus le temps passe, moins on arrive à se raisonner.

Le stress monte. J’essaie de manger mais j’ai l’estomac dans les talons.

Je sais que l’auxiliaire de vie arrive à midi à la maison. Midi pétante j’appelle sur le fixe et Thierry, alléluia, Thierry répond.  Il me dit qu’il n’a pas encore vu Eric, que celui ci est aux toilettes mais qu’il a entendu sa voix. Je lui demande d’aller contrôler si tout va bien.

Tout va bien, bien sur !!  Cool Fred, relax, no problem !!

Pas de crises, pas d’AVC, pas de chute, pas de sang, no stress....

Je reprends mon p’tit ménage, je suis toute molle.... je me dis que ce n’est pas possible de vivre comme ça, que dans la future maison, je ferai installer des caméras !!! Combien ça coute une installation comme ça ? hein ? Je cogite...

Puis je me dis que non, ce ne serait pas une solution...

Quelle est la solution ? Je ne sais pas... je vis dans l’angoisse qu’il tombe, qu’il meure, pendant que je ne suis pas là et je ne peux pas maitriser ça...  

Puis à nouveau les montagnes russes... une collègue qui vous parle, et des collègues qui vous soutiennent... le moral remonte... les larmes au bord des yeux, je ne sais pas si je dois rire ou pleurer... alors je dis rien car, autant je peux écrire des pages sans les compter, autant je suis nulle quand il s’agit de parler... c’est con ça quand même....

Merci...  à elles, et à tous ceux qui nous aident. Notre maison, ce sera un p'tit bout de chacun de vous.

3ème chance...

Avant...

Eric était un homme très indépendant, dans la vie, comme dans son métier, sur de lui, indifférent aux opinions qu’avait les autres de lui, il faisait son travail avec ferveur, passion... ce qu’il apportait aux personnes lui rapportait 10 fois plus (pas en salaire, je vous rassure !).... Ses patient(e)s tombaient vite sous son charme, il savait se rendre utile, il savait même se rendre indispensable : on demandait Eric, et personne d’autre... « Je veux Eric pour mon shampoing, je veux Eric pour ma douche »... J’ai travaillé quelques temps avec lui et j’ai pu constater à quel point il était estimé. Il faisait son travail de façon impeccable, irréprochable, d’un calme olympien, toujours doux mais efficace, même dans l’urgence. Proche et Pro, en même temps. 

S’il avait quelque chose à dire à quelqu’un, il le disait, peut importe la personne en face de lui : Agent, Aide-soignant, infirmière, médecin, ou le Pape, ça ne l'aurait pas impressionné (quoique le Pape, si quand même un peu je pense !!). De la diplomatie, ou de l’autorité ? Il avait cette faculté d’être entendu. Pourtant, il ne parlait pas fort. Mais tout le monde se taisait, et l'écoutait.  On l’admirait, ou on le craignait, car parfois il ne machait pas ses mots, mais ne haussait jamais le ton. Il aimait le travail bien fait et l'incompétence de certains l'insupportait. Eric, tout ce qui lui importait, c’était le bien-être des résidents...

Avec les patients, c’était une main de fer dans un gant de velours. Il savait y faire pour les motiver à se lever, marcher, manger... Certains pestaient contre lui mais en fin de compte, ça valait toujours le coup, cette persévérance. Souvent récompensée d’un sourire. Il apportait à chacun un petit quelque chose, qui les faisait se sentir encore vivant, encore utile.

Il pensait  passer les concours pour faire infirmier. Sur ce point, il doutait de lui alors qu’il avait toutes les capacités. Il aurait fait un excellent infirmier.  Mais je pense qu’en fait, il n’a jamais été aussi heureux qu’en étant assistant de vie. Avant même d’être aide-soignant.

Eric, son métier, c’était sa vocation.

Dans la vie, c'était un homme droit, franc, sincère, autoritaire et râleur (surtout pendant un match de foot !). Il ne supportait pas la médiocrité ou le gâchis. Bavard, généreux, curieux de tout, de vous, inquiet pour les uns, les autres. Il aimait écouter, il aimait aider, conseiller. Pas naïf pour un sou, il avait un don pour cerner les personnes... Il s’intéressait à tout, se passionnait pour la bonne cuisine, le jardin bio, le bricolage, la récup’, donner une seconde vie aux vieux objets, se marrait seul dans le jardin en regardant le chat, les poules, ou les biquettes, se mélanger, se pourchasser... et moi, ça me faisait rire de le voir rire de ça... Tout simplement...

L’accident est arrivé...  Après le choc, après l’urgence...  Les questions arrivent... Pourquoi lui ? Lui qui apportait tant de confort et réconfort aux autres... On perd confiance en la vie, on se dit que c’est injuste... 

Eric aujourd’hui.

Petit à petit, il revient...

J’ai eu peur car j’ai cru l’avoir perdu.

Perdu la première nuit, celle de l’AVC... une nuit blanche, nuit noire de souffrances, de peurs, d’angoisses... Il faut avoir le cœur bien accroché... ou avoir disjoncté... La vie d’Eric, qui ne tient plus qu’à un fil....

Perdu ensuite, quand on m’annonce, après m’avoir rassuré, que son état s’aggrave. Que son pronostic vital est engagé mais qu’aujourd’hui, il l’est encore plus que la nuit passée.... Que c’est l’opération de la dernière chance... en ne sachant pas ensuite, s’il survit, quelles seront les séquelles... en sachant qu’elles seront tout de même importantes... mais, en ces  moments, on ne veut qu’une chose, c’est que l’être aimé reste vivant. Ensuite ?.... Ensuite, ben on verra bien.... on avisera....

Et il survit... je l’ai embrassé, une dernière fois en ne sachant pas si c’était la dernière et, je l’ai embrassé ensuite, en me disant, il est chaud, il est vivant. C’est toujours ça...

Chaque jour suffit sa peine.

Je l’ai perdu quand, assis au bord du lit, il ne pouvait pas manger, de sa main gauche, sans que je le guide. Il ne trouvait pas sa bouche. L’hémiplégie était complète, de la tête au pied, coté droit. Complètement paralysé, complètement insensible, complètement muet. J’ai eu peur à ces moments là, mais cette peur, à peine faisait elle surface, que je l’étouffais, vite vite, avant que la panique ne prenne le dessus. Je ne voulais pas penser ni réfléchir. Juste agir, être en mouvement, ne pas subir. L’aider. Avancer.

En face de moi, c’était Eric, mais je ne le reconnaissais pas. Vulnérable, fragile, faible et silencieux. L’inverse de mon homme.

Je l’ai perdu, des heures, des jours, des mois.... Il n’était plus lui,  je m’en rends compte maintenant, car aujourd’hui,  je commence à le reconnaitre. Pas tous les jours, pas tout le temps, mais à certains moments, le revoilà...

Je suis perdue, quand il n’arrive pas à s’exprimer et qu’il s’énerve. Eric n’est plus là. C’est un inconnu qui jure... de colère, d’impuissance.  Je lui demande de se calmer. Eric revient, ou pas... Petit à petit, il parle mieux... je lui dis, quand tu es calme, tu parles mieux... ça le tempère...  

Il s’est perdu lui-même, mais petit à petit, il se retrouve. Il recolle des morceaux de lui, des anciens et des nouveaux. Ca donnera un  « autre lui »... malgré ses sautes d’humeur, ses hauts, et ses bas, très bas, qui vous entrainent au fond avec lui mais qu’on comprend bien volontiers... Qui a sa place pourrait être serein, en pensant à ce qu’il est actuellement et ne sachant pas ce qu’il va devenir ?

Mais !!! Je le surprends parfois à sourire en regardant son chat jouer avec une mouche, ou observer les trois poules qu’ils nous restent, picorer et gratouiller le jardin... Bricoler lui manque, mais il cuisine à nouveau un peu, avec l’aide de l’ergothérapeute, qui vient tous les 15 jours à la maison, lui réapprendre les gestes et lui donner des astuces, pour tout faire d’une main, pour mesurer, verser, cuire. Quel courage, quelle volonté il a...

Il se bat tous les jours, il est abattu souvent.... Je me bats à ses côtés et souvent, je suis vaincue aussi... Puis on se relève parce que quoi ? Parce qu’on ne va pas se laisser mourir. Parce qu’on a nos familles, nos amis, nos enfants... Parce qu’on est encore jeune (!!). Parce qu’on n’a pas le droit de partir comme ça.... Parce que la vie peut encore être jolie.... malgré tout... Le bonheur n’est pas un but à atteindre.... Le bonheur, ce sont des p’tites choses qu’on savoure et qui nous font du bien, même si elles ne durent  qu’un instant. Ca s’apprend. Il faut juste les voir et vouloir les appécierr. C’est pas facile tous les jours, certains jours, on n’a même pas envie. On veut juste déprimer et rester dans notre trou. Plus de courage. Et puis, on remonte... Parce qu’on a des projets. Un avenir.

Je veux qu’on s’aime...  Ce n’est pas facile de retrouver des marques, on ne sait même plus ou elles sont, ces marques... Il faut en inventer.  On avance en aveugle.... on tâtonne... on essaie juste de ne pas se perdre en route.... Ce serait plus facile parfois, de laisser tomber. D’abandonner. De fuir. Mais ce serait moche. Et lâche.

J’ai envie qu’on réussisse. Nous en sommes à notre 3ème vie. Plus de temps à perdre, juste du temps à vivre, le mieux possible. Le plus tôt possible... Et chez nous, si possible...

On a gagné !

On a gagné yess !! 

l'EAG a gagné hier, contre Lille 1-0 !

Et pour nous, jolie petite victoire personnelle, avec la remise de la Dotation de 1000 Euros pour notre association. Nous savons déjà à quoi cet argent servira puisque nous devrons, si le projet aboutit, aménager et rééquiper notre future cuisine en Four (en hauteur pour une meilleure accessibilité pour Eric), plaques à induction (le Gaz avait ma préférence mais, dangeureux en cas de malaise ou d'oubli).

Eric était ému, de se retrouver dans ce stade ou il a passé beaucoup de temps, en fervent supporter du Club. Un peu de nostalgie je pense aussi mais le sourire était bien là malgré tout !

On ne lâche rien ! On continue à se mobiliser et à se battre. Merci de continuer à partager notre histoire, le lien de la cagnotte.... Chaque euro est un pas de plus, un espoir de plus.... Ne pensez pas qu'un euro n'est rien du tout. Un euro et un partage sur votre page Facebook, c'est la clé de notre réussite.

Dotation kop rouge

Merci à vous tous.... On y croit presque !!!!!!!!

Merci

 

Aujourd'hui, c'est :

Tribunes guingampEag

Tant qu'à faire, ce serait bien qu'on gagne !!!

Je vais tâcher de prendre des photos !

Samedi, c'est Lille/EAG

Ou EAG/Lille. Enfin, bref, c'est Guingamp qui reçoit.

Moi j'y connais rien au Foot, je sais quand y'a Buuuuuuut !!!!!!!! c'est tout. Ou quand y'a pas But aussi, ça rale... le Foot, c'est pas mon truc.

Par contre, le Foot, c'est le Dada de l'homme. Dès qu'il a pu se resservir de son portable, il s'est connecté à Match en Direct et a suivi tous les résutats de son Equipe préférée, l'En Avant de Guingamp. C'est une histoire d'amour entre lui et eux. Eux ? Le Kop Rouge.

Le Kop Rouge c'est ça : Kop rougeKop rouge 1Eag

Ouais, ça dépote....

Eric a vécu les bonnes années du Kop, quand Guingamp a gagné la Coupe de France, il était à Paris.

Eric coupe de france

Il est resté fidèle aussi, les noires années... Toujours fidèle, dans les bons comme les mauvais moments (ce sont ses mots).

Eh bien aujourd'hui, sa fidélité est récompensée. Il le mérite bien.

En mai j'avais déjà écrit au Kop Rouge, sachant qu'ils faisaient des Dons à certaines associations...

Et il y a environ un mois, un ami d'Eric, féru du Kop Rouge également, a envoyé un texto à Eric pour l'inviter à un déplacement pour supporter l'équipe. Je lui réponds qu'Eric ne pourra faire ce voyage, vu son état de santé. L'ami en question n'était pas au courant qu'Eric avait fait un AVC. J'avais envoyé  des textos à certaines personnes de son répertoire téléphonique, pour les prévenir, mais je ne connaissais pas tout le monde.... des amis de son ancienne vie... inconnus au bataillon pour moi.

J'ai parlé à ce monsieur, Guy, pour le citer. Lui ai expliqué notre situation, nos difficultés, notre combat. Ni une ni deux, il a rebondi de suite et m'a relancé sur le Kop Rouge. M'a demandé de remonter un dossier, de lui envoyer et qu'il se chargeait de le transmettre à qui de droit........

Il y a une semaine, bonne nouvelle....... une dotation du Kop Rouge nous est destinée.... remise du don samedi prochain, à Guingamp. Puis nous assisterons au match en Tribune Présidentielle. Rien que ça. Eric va être aux anges et c'est toujours ça de répit. Un peu de douceur dans son monde cruel.

Alors moi, je dis merci. Merci à Guy, merci à tous ceux qui ne restent pas insensibles ou qui se sentent concernés. Ca fait du bien. Au coeur, au moral et pour notre projet, des sous en plus... pour, qui sait, une salle de bain adaptée (je viens d'apprendre qu'il n'y a plus de crédit d'impot et que tout sera à nos frais), ou une terrasse à niveau de la maison....(c'est à dire qu'Eric ne manquera plus de se casser la figure à chaque fois qu'il passe par la porte fenêtre pour aller au jardin) des petites choses qui changeront TOUT au quotidien d'EriC.

On continue le combat. Autant c'est dur quand rien ne bouge, autant ça fait du bien quand on avance.... Notre maison... Je me surprends à espérer....

Jolie fleur, la Jalousie

Mais très vilain défaut.

L’envie, la jalousie,

« On » m’a dit aujourd'hui de me méfier des gens envieux, ou jaloux. (Sous entendu, de l’argent qu’on récolte).

Je n’ai pas compris.

J’ai compris la phrase hein, j'suis pas trop bête, mais ce que je ne comprends pas, c’est comment les gens pourraient être envieux ou jaloux de nous : le handicap, la maladie, font partie de nos vies, et nous menons une lutte acharnée pour atteindre un objectif. Nous essuyons des échecs mais aussi des petites et grandes victoires. Je pourrais dire, je laisse tomber, j’en ai marre, je l’ai souvent pensé mais on m’a aidé à continuer, on nous encourage alors je poursuis notre combat. J’ai hâte qu’il soit vite terminé car je sais que je ne tiendrai pas des années... Eric non plus...

Envieux et jaloux ? De quoi ? De notre vie actuelle ? De notre situation actuelle ? Que manque-t-il à ces personnes ? De l’argent ? Une maison ? Une belle voiture ? S’il ne leur manque pas la santé, j'échange, sans hésiter...

Les gens envieux et jaloux se réjouissent-ils de nos échecs ? Sont-ils contents quand on nous claque la porte au nez ? Espèrent-ils qu’on n’y arrive pas ? Lisent-ils les nouvelles en se délectant de nos difficultés ? Je n’y crois pas...

Quand même, s’il y a des envieux ou des jaloux à me lire, à nous suivre et bien, passez votre chemin car vous allez être encore plus verts, quand nous aurons atteint notre but. Et ce ne sera pas grâce à vous. Par contre les autres auront le droit à l'apéroooo ! :)

Je vais regarder le verre à 99% plein et voir tous ces gens qui nous soutiennent, sans arrière pensée. Et quand on aura réussi, ce sera grâce à eux. Oui, grâce à toi là, qui me lit ...

Par vos pensées, vos encouragements, votre contribution à la cagnotte, à la marche. C’est grâce à vous que j’ai le courage de me battre, de ne pas me laisser abattre, d’avancer, de tomber et me relever pour continuer. D’écrire, de frapper aux portes, de faire parler de nous, d’aller vers les gens alors que je suis une grande timide... Ce que nous vivons est injuste.... Je sais que d’autres personnes vivent la même chose que nous, et subissent, sans broncher, car ils n'ont pas le courage, n'ont plus l'énergie, n'ont pas le temps... j’aimerais faire bouger les choses pour eux aussi, réveiller les consciences : un accident de la vie n’a pas le droit de nous enlever nos rêves.

Si Eric n’avait pas fait son AVC, nous serions dans notre maison à l’heure qu’il est. On ferait chier personne (pardon mais ça m'énerve !!) Eric serait toujours valide, aide-soignant, peut-être même aurait-il repris ses études car il voulait passer son concours infirmier... on serait heureux je pense. Et je ne serais pas là à déballer nos vies. J'aimerais être ailleurs mais je n'y suis pas. Nous devons faire face.

Eric ne sera plus jamais totalement valide, ni aide-soignant. Heureux, ça oui, je l’espère.

On y travaille. Et cet argent qu’on recueille, on ne l’aura pas volé. Nous avons un but. Une motivation.

Les envieux et les jaloux ont ils les leurs, où bien passent-ils tout leur temps à jalouser les autres ? Triste vie alors. Peut-être que s’ils perdaient moins de temps à pleurer sur leur pauvre situation, ils avanceraient eux-aussi. Dans la vie il faut se battre, sinon on a que les miettes, et encore...

Ne soyez pas jaloux, l’envie ne mène à rien, qu’à se regarder le nombril et se lamenter... en restant au point mort. Si vous voulez quelque chose vous aussi, bougez vous le cul, si j’ose dire....

(Ca, c’est dit).

Dans les jours qui viennent, envieux s’abstenir, petite bonne nouvelle à l’horizon. (ceux qui savent déjà, chut !)

Jalousie1

Comment lui rendre le sourire

Ce matin, mon homme a pleuré. Une seule larme. Une unique larme, qui a coulé sur sa joue jusqu'à son menton. Il a baissé les yeux. Il n'a pas fait un bruit, il n'a rien dit. On parlait de son fils ainé. La larme a séché. Il a relevé la tête. Mon coeur saigne, le sien aussi, sans aucun doute...

Comment rendre le sourire à mon homme brisé.

Brisé par l'AVC et ses conséquences morales, physiques...

Brisé car ses enfants lui manquent. Terriblement.

Eric a 3 enfants de son premier mariage. Tous majeurs aujourd'hui, mais un d'entre eux est handicapé.

Depuis son divorce, il essayait de garder le lien avec eux. Nous avions les deux derniers en garde 1 weekend sur 2. Avec l'ainé, c'était en pointillé mais Eric pouvait quand même interagir...

L'AVC est survenu. Les premiers temps, les enfants sont venus voir Eric, à l'hopital, puis à Roscoff. La maman faisait le transport. En mars, suite à une histoire de pension alimentaire, son ex-femme n'a plus voulu les emmener. Aucun d'eux n'ayant le permis, les visites se sont arrêtées... Eric n'avait plus le soutien de ses enfants, il en était bouleversé et chagriné au plus haut point. Celà a fragilisé le lien déjà bien ténu... Les enfants se sont éloignés, petit à petit... Ils se sont habitués à l'absence... Ont fait leur vie sans compter avec papa... Puisque papa ne pouvait plus rien dire.... Papa impuissant. Papa muet. Papa privé de sa parentalité.

De mon côté, je ne pouvais pas laisser faire. J'ai tenté, par tous les moyens, de rétablir ce lien : par le biais des enfants, en leur envoyant des messages leur disant que leur père avait besoin d'eux, plus que jamais... J'ai essayé de raisonner la mère par mail, sans succès. J'ai fait presssion, par le biais d'une avocate, sans succès...  J'ai tout essayé... Il n'a revu ses enfants qu'en mai 2015, à l'hopital, lors de la remise en place du volet crânien.

Ensuite, il les verra de temps en temps, à force de persuasion, à force de messages envoyés aux enfants, lorsque le chagrin d'Eric était trop insoutenable à supporter, pour lui, pour moi. Au mois d'aout, j'ai réussi à les réunir à la maison. Je leur ai parlé, devant leur père. Eric a pleuré. Ils lui ont tenu la main. J'ai cru qu'ils avaient enfin compris... Mais non... Malgré les promesses, le lien a continué à se désagréger...

Eric a vu la mort de près. Elle l'a frôlé. J'ai souvent dit aux enfants, vous n'avez qu'un père et il n'est pas éternel... 

Il ne mérite pas une telle punition. Que lui reproche t'on de si grave pour qu'on le traite ainsi. Et est ce bien le moment de lui faire payer des fautes qu'il aurait peut-être commises par le passé ? On ne s'acharne pas sur un homme déjà à terre...

J'ai fait ce que je pouvais. Il est temps pour moi de lâcher-prise sur cette partie là, car c'est trop lourd et j'ai assez à porter...

Je me bats encore pour son fils handicapé. Nous avons réussi à instaurer un droit de visite mais il a fallu des convocations au tribunal et des décisions de justice pour y arriver. Nous attendons maintenant pour lui, une place en foyer de vie, et enfin nous serons rassurés. Il a 22 ans...

Quand à l'ainé et  la cadette, ils sont majeurs et responsables. J'espère qu'ils comprendront bientôt que le temps perdu ne se rattrape pas, mais qu'on peut profiter du moment présent et des moments à venir, qu'ils peuvent faire renaitre l'amour et toute l'affection qu'ils ont pour leur père , et qu'ils ont oublié en chemin... et car un jour, il sera trop tard, pour tout le monde...

Comment faire pour rendre le sourire à mon homme.... s'il n'a pas ses enfants pour le soutenir ? Sa chair, son sang. Il a terriblement besoin d'eux. Même de loin... Un message, un appel... Peut-être liront-ils ces lignes et sauront revenir, amener un peu de joie dans la vie de leur père... Il les attend... désespérément...

J'avais besoin d'en parler.... version courte et édulcorée.... car voilà ce que l'AVC et ses séquelles, dont l'aphasie peut détruire, jusqu'ou il peut détruire. 

Un homme, en miettes. Mon homme est brisé mais on peut recoller les morceaux.... En refaire un homme plus solide qu'avant.

Mais toute seule, je ne pourrai pas...

Papa

C'est pas moi qui le dit !

http://www.senioractu.com/AVC-de-trop-nombreux-malades-perdent-leurs-amis_a19274.html

Enfin un article qui relate ce qu'Eric vit. Ce que je m'échine a essayer d'éviter mais qui arrive quand même.

La vie continue pour les autres et lui, on l'oublie doucement.... "Ah oui merde Eric, ça fait longtemps que j'ai pas eu de ses nouvelles !! "  Ben oui, Eric ne pourra pas vous demander des votres...

Imaginez vous que, du jour au lendemain, vous ne puissiez plus : Ni parler. Ni lire. Ni Ecrire. Ni conduire.

Vous ne pouvez plus travailler non plus. Vous ne pouvez pas bricoler, cuisiner ou jardiner, du moins pas tout seul.

Vous avez des amis oui effectivement. Les amis de votre femme, les amis du couple. Vos amis à vous ? Pour certains, votre femme ne les connaissait même pas. Après l'AVC, elle a pu en prévenir quelques uns, par texto en cherchant dans vos contacts sur votre téléphone. Des noms qu'elle connaissait, pour avoir parfois entendu  parler d'eux. Message envoyé : On lui a souhaité un bon rétablissement.... depuis, plus de nouvelles.

D'autres se sont manifestés il y a peu. Mais celà ne perdure pas. Eric ne peut pas relancer. Moi je ne peux pas tout faire... Je suis déjà épuisée par tout ce que j'ai à gérer... Chacun sa vie oui, chacun ses soucis, oui aussi.... mais vous avez vos jambes, vos mains, votre voix....

Si j'ai une demande à faire, au nom d'Eric, c'est encore une fois: ne l'oubliez pas.  Il devient invisible et inexistant sans vous. On est rien sans amis. Envoyez lui un message de temps en temps. Passez le voir à la maison, vous êtes les bienvenus. Il a besoin de vous. Ca vous coutera le temps d'un texto, le temps d'un café... et ça lui apportera tellement. D'être encore important et vivant aux yeux des autres.

Vous avez le pouvoir de lui rendre le sourire, et ça peut tout changer.

Amitie

1 mois et 10 jours

C'est la dernière fois que j'annonce son "record" car à chaque fois, ça nous porte la poisse....... j'dirai plus rien.

Eric a fait une crise cet après midi, il était à la sieste, il a réussi à crier pour m'avertir, j'étais dans la salle à manger. Il n'a pas perdu connaissance mais a eu une crise tonico-clonique. Il a eu peur. Ne pas pouvoir maitriser son corps qui se tend et s'agite de la sorte effectivement ça doit faire peur....

Il a récupéré assez rapidement, s'est levé un moment puis est reparti se reposer un peu. Ce soir on avait des invités. Il était content au début et puis au fur à mesure de la soirée, son moral s'est mis en berne....... Il est parti se coucher.... Dur pour moi de faire bonne figure.

J'ai l'impression parfois de trainer un poids mort. Quand il se laisse couler, il m'entraine vers le fond.

J'essaie de nous remonter, d'avancer. Mais c'est lourd, c'est difficile. Il faut qu'il arrête de se morfondre mais comment lui en vouloir.... Qui a sa place ne serait pas malheureux... Comment faire pour l'aider ? Je ne sais plus.... Je suis fatiguée....

5 semaines

J'ose à peine le dire, j'ose à peine l'écrire (je suis devenue très superstitieuse...) mais il faut quand même relever qu'Eric n'a pas fait de crise d'épilepsie depuis  le 14 aout.

C'est la première fois depuis le début des crises qu'il "tient" si longtemps et ça fait du bien.... bon je suis sur le qui-vive, je sais bien qu'il y en aura encore et je suis un peu dans l'attente...

L'introduction de la miansérine est semble t'il une bonne chose, alors qu'elle n'est pas destinée à réduise les crises et mais à lui faciliter le sommeil. Il dormait mal, celà devait abaisser son seuil épileptique (dans le jargon médical, ils parlent de dette de sommeil) et déclencher les crises.

Donc on croise pour que ça dure car on souffle un peu et on reprend espoir qu'on y arrivera à bout de cette foutue épilepsie !! Quel soulagement ce serait !

Niveau moral, je dirais qu'il est un peu moins à cran. La miansérine fait peut-être aussi un peu d'effet de ce côté là (c'est un anti-dépresseur). Mais il est toujours assez peu souriant, assez renfermé, centré sur lui-même, ses douleurs, son handicap.

Au niveau de l'aphasie, je trouve qu'il y a aussi un peu de mieux. Autant souvent ce sont les personnes extérieures qui me le font remarquer, autant cette fois, je le constate de moi-même. Parfois il n'arrive pas à dire un mot précis et d'autres fois, c'est une phrase entière qui sort (comme tout à l'heure, je lui demande ou est son téléphone portable, il me répond en entier : "il est dans ma poche". Je suis restée Con !). Et à coté de ça, il peut bloquer sur des mots simples comme eau ou crayon ou sur des choses abstraites ou hors de vue. C'est vraiment déstabilisant. Enervant pour lui et pour moi car c'est tellement évident parfois qu'il voudrait que je trouve ce qu'il pense. Je suis un peu son défouloir mais j'avoue que je sature. Je lui dis qu'il ne faut pas qu'il s'énerve mais ça l'énerve encore plus quand je lui dis ça.... Difficile de rester zen...

La psychiatre qui me suit et qui constate ma fatigue psychologique, m'a conseillé de lui faire faire un séjour de "remise en forme" à Kerpape (centre de rééducation situé dans le Morbihan). Ce sont des séjours de 3 semaines à un mois, pour remettre la personne sur les rails, lui redonner du courage, de l'optimisme, de l'énergie pour optimiser la rééducation et par la même occasion, permettre à l'aidant familial de souffler. J'en ai parlé à Eric et il serait content de faire ce séjour. Nous avons donc rendez-vous demain avec son médecin traitant, pour en parler.

Au niveau moteur, il n'y a aucune amélioration pour la main. Pas de changement pour la jambe non plus. Il y a une semaine, nous sommes allés à l'hopital Morvan de Brest, pour qu'Eric y subisse des injections de botox dans les muscles trop tendus de la main et du pied, afin de les relaxer. C'est à double tranchant car du coup, la mobilisation se fait moins bien...

L'ergothérapeute est venue à la maison aujourd'hui. Il teste avec elle la cuisine. Différentes adaptations lui sont proposées, il les essaie et nous devrons par la suite en faire l'acquisition. Ce soir, nous gouterons le "tiramisu" qu'il nous a concocté :) L'ergo juge aussi sa capacité à s'organiser. Il ne s'en sort pas trop mal apparemment. Il a des soucis pour mesurer les quantités et pour coordonner ses actions mais ça viendra, avec l'entrainement.

Celà fera ce soir, un an et 8 mois, qu'Eric a fait son AVC. La vague du tsunami est passée mais les dégats qu'elle a engendré sont pour certains, irreversibles. L'AVC fait partie de nos vies, au quotidien, de manière visible (cicatrice, handicap) et invisible (traumatisme, angoisses)... Il faut vivre avec. Apprivoiser notre peine, notre souffrance, tourner la page et faire que l'avenir soit meilleur. C'est plus facile à dire qu'à faire.... Mais on y travaille !

Vendredi 23/09/2016***

suite à notre visite chez le médecin traitant, il s'avère que les séjours à Kerpape sont réservés aux personnes de leur secteur car ils ont trop de demandes.... Super pour les autres....

Du coup, le médecin nous a parlé du Centre de rééducation deTréboul. Nous allons recevoir un dossier d'inscription... A voir les délais d'attente ensuite.

Avant...

Avec ma fille, on vient de regarder des photos, elle voulait voir des photos d'elle, petite... datant de  2010, 2012, 2014... J'ai vu mon amoureux aussi.... celui d'avant... Avant l'accident...

C'était une belle journée d'été... On ramassait des galets... Il était heureux, tellement fort, souriant, en pleine forme, en pleine santé....

Pourquoi lui...  si jeune... pas insouciant mais satisfait du moment présent....

Je me rend compte que moi aussi j'ai un deuil à faire... mais je trouve dur... tellement dur... "c'est trop injuste" dirait Caliméro... Non... c'est pas juste....

Le Eric d'avant me manque.... mais encore une fois... il faut ne pas trop réfléchir, ne pas trop regarder en arrière..... Avancer, tête baissée... Défoncer les portes fermées.... et ne pas oublier de s'aimer, dans tout ça... Malgré tout ça... c'est pas simple croyez moi... Nos vies sont sens dessus-dessous.....

On va réussir à y remettre de l'ordre, mais mon Dieu, si vous existez, je vous le dis, je vous l'assure, on y arrivera mieux avec un toit à nous au dessus de la tête. Le reste suivra... Chaque chose retrouvera sa place et une nouvelle vie pourra commencer, sur d'autres bases....

164

Avancer, encore et toujours

Le "statisme"  me fait peur.

Quand je n'ai rien à faire, rien de prévu de concret, j'angoisse. Non pas que j 'ai le temps de me prélasser au quotidien, j'ai largement assez pour m'occuper (la paperasse (et quand y'en a plus, y'en a encore), la cuisine (un minimum), le ménage (j'suis devenue l'inverse de maniaque), le repassage (pareil, on devient moins regardant), les courses, le jardin (qui part vite en friche), les rendez vous divers ou je dois accompagner Eric, les miens (quand je les oublie pas), ceux pour Albane, les soucis qui se rajoutent (l'ex-belle famille à Eric qui nous fait des misères dont on se passerait bien et qui me coutent une nuit d'insomnie et une matinée à la gendarmerie )... et ... ah oui... y'a le boulot à caser !!  je suis pas ennuyée.... Heureusement que je ne suis qu'à 60% ... bref.... je cours, je vole, mais je  trouve le moyen de penser quand même !!

Le "statisme" c'est quand tu fais des choses mais que rien n'avance à côté, ou si peu...Eric ça l'angoisse aussi, cette impression de faire du sur-place. Il ne sait pas ce qu'il va devenir, ce qu'il va pouvoir faire à l'avenir. Au quotidien, il s'occupe, il ne semble pas s'ennuyer, il vit au ralenti, mais il n'a rien à faire "d'utile" pour lui, pour la société. Il m'aide bien sur au quotidien, comme il peut selon ses capacités (vider le lave-vaisselle, faire du café, donner à manger aux poules, trier et plier le linge) mais sinon, il comble ses journées sur sa tablette, à regarder des vidéos sur Youtube, ou il va marcher quand le temps s'y prête. Il a compris qu'il ne sera plus jamais aide-soignant, le métier qu'il aimait tant. Des deuils se font petit à petit mais il n'a pas fait celui de son bras, de sa jambe... Pour l'aphasie, on sait que ce sera long. Il s'énerve beaucoup quand il ne trouve pas les mots... il est diminué et celà l'insupporte. Si vous connaissiez le Eric d'avant, vous comprenez... (hyper-actif, hyper-bavard, hyper souriant, hyper-nerveux, hyper efficace, hyper sociable)

Je sais l'impression qu'il a au fond de lui, je la devine : il ne se réalise plus. Il est un autre, qu'il n'accepte pas. Et ne sait pas ce que pourra être son avenir professionnel, s'il y a.

Bien sûr, le Samsah (un service de la MDPH) et ses intervenants, le suivent : une ergothérapeute vient à la maison tous les 15 jours, pour lui ré-apprendre à cuisiner, essayer de jardiner, de trouver des astuces, avec du matériel adapté. Un éducateur spécialisé devrait intervenir aussi, à notre demande, pour essayer de lui trouver un projet de vie.... La psy du Samsah intervient peu souvent, malgré mon insistance car Eric est triste, démuni...

Il a toujours ses séances de kiné et d'orthophonie, 3 fois par semaine... Il fait une sieste tous les jours...

C'est tout.... c'est la monotonie... il comble le reste du temps...  avec l'impression de ne rien faire d'utile.... ou si peu.

Ce doit être dur de vivre avec le vide devant soi.... Je le vois regarder ce vide et je ne trouve plus rien à lui dire pour le rassurer.... Parce que je ne sais pas moi-même.

Il y a quand même une lueur au bout du chemin, et j'ai eu la joie de voir l'espoir renaitre dans le regard d'Eric : je partage cet espoir avec vous, à prendre avec des grosses pincettes :

Au forum des Associations, l'adjoint au Maire de Logonna est venu vers nous. Il m'a demandé le pourquoi du comment de l'association, et je lui ai expliqué brièvement. Il nous a parlé d'un terrain à vendre .... petit mais bien situé, proches des commerces et très accessible pour Eric (terrain plat). Nous avons fait une proposition en dessous du prix de vente.... Nous attendons la réponse du conseil municipal ...

Parallèlement à celà, nous avons donc parlé de notre projet à notre nouvelle banque : elle n'a pas émis de non définitif... On attend de savoir à combien on pourrait avoir le terrain.... et le prix de la maison...

J'ai relancé Akabois, pour re-revoir les plans ... Rendez vous est pris la semaine prochaine.... Nous avons des exigences mais nous devrons faire des concessions...

Rien n'est fait.... Tant que nous n'avons rien signé nulle part, je n'y croierai pas. Car le chemin est long et cahotique entre l'achat du terrain, l'acceptation du crédit (je suis toujours en CDD et Eric toujours en maladie), les assurances de prêt et la construction d'une maison adaptée, accessible à l'intérieur comme à l'extérieur.....

Il faut pourtant que ce projet là aboutisse... Eric me fait acheter des arbres, que je mets en pot... il aime le jardin mais nous ne pouvons rien y faire, puisque nous ne sommes pas chez nous... il rêve et moi aussi....  de notre "CHEZ NOUS".

Je continuerai à mener des actions jusqu'à ce que la maison sorte de terre et soit terminée. Une journée "Bourses aux plantes, aux graines, confitures maison et déco de jardin" aura lieu l'année prochaine en avril, en partenariat avec l'Ehpad de Daoulas et ses résidents, ainsi qu'avec l'Ecole Notre Dame des Fontaines, de Daoulas.

Une seconde marche contre l'AVC sera sans doute organisée, au printemps, puisque malgré la pluie, ce fut une réussite.

Je voulais organiser une "Foire à Tout" en novembre ou décembre, à Logonna-Daoulas, mais je manque de courage et je ne sais pas si celà marcherait vraiment.... il y en a partout, tous les weekends... Qu'en pensez vous ?

En tout état de cause, ce qui a été fait et ce qui est prévu va nous aider à finaliser notre projet de façon correcte (je pense à la cuisine et à l'électroménager qu'il faudra racheter car l'ergo préconise certains aménagements précis, et à la salle de bains, aux wc, qui doivent être adaptés à l'hémiplégie à droite).

Merci de continuer à nous suivre, à nous soutenir, à nous porter. Si on y arrive, ce sera à l'arrachée mais le principal, c'est d'atteindre notre but, peu importe la façon !!

Croisons les doigts. Que le vent tourne enfin à notre avantage.

×